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Le blog de Ritournelle

La sapienza

Ce film porte le nom que le cinéaste Eugène Green avait donné à sa troupe théâtrale dans les années 70. D'origine américaine, il a préféré s'établir en Europe pour continuer ses études, s'intéresser à l'art baroque par le théâtre puis passer au cinéma. Ce film rend justement un vibrant hommage à l'art baroque par le biais d' Alexandre, architecte quinquagénaire qui veut enfin écrire un ouvrage sur celui qui a éveillé dans sa jeunesse une passion pour l'art baroque, l'architecte italien Francesco Borromini. A cette période de sa vie, il ressent le besoin de faire le point sur son couple. En accord avec sa femme Aliénor, tous deux partent pour Stresa, sur le lac Majeur. A peine arrivés, ils rencontrent la fille de la propriétaire de l'hôtel où ils séjournent en compagnie de son frère. La jeune fille est fragile, souvent malade; quant à son frère, il envisage de partir faire des études d'architecture à Venise. A ce stade, les deux couples se séparent : Alexandre emmène le jeune homme avec lui sur les traces de Borromini et du Bernin à Turin et Rome; Aliénor reste avec la jeune fille pour apaiser ses souffrances.
De cette rencontre, chacun va en sortir grandi tant au niveau artistique qu'humain car l'échange entre générations est fructueux : le savoir des uns contre l'énergie positive des autres, leur soif de curiosité, de vie.Tout comme l'architecture baroque laisse entrer la lumière, les personnages ont laissé parler leur moi profond, accepté de se débarrasser de l'inutile pour atteindre la"sapienza", c'est-à -dire le savoir qui mène à la sagesse.
Nombreux sont les symboles dans cette quête formelle du cinéaste où l'art baroque est magnifié par la caméra, où les paysages des lacs italiens apportent harmonie et apaisement aux personnages. Un bémol toutefois: je n'ai pas aimé le parti pris habituel d'Eugène Green de composer des dialogues dans un langage suranné, soumis aux trop nombreuses liaisons, dans le but de ne pas laisser libre cours aux émotions des comédiens, une méthode opposée en tout point à celle de Stanislavski; L'effet est assez surprenant et déshumanisant.
Il n'en reste pas moins que ce film est intéressant à plus d'un titre pour les amoureux de l'Italie, les amateurs d'art ou de cinéma, par son originalité et la densité du propos.

Published by Ritournelle - - Cinéma

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Mes photos, mes coups de coeur en littérature et au ciné, les auteurs et artistes que j'admire,mes productions personnelles et une pincée d'humour...

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