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Le blog de Ritournelle
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Jane par Charlotte

Jane par Charlotte

Jane par Charlotte

« J’ai réalisé qu’on s’aimait de manière évidente mais qu’on n’avait jamais su se le dire. Il y avait une pudeur entre nous que je voulais explorer, j’avais besoin d’un prétexte pour me rapprocher d’elle. »
Charlotte Gainsbourg présente ainsi l'origine de ce documentaire qu'elle a souhaité faire sur sa mère Jane. L'âge et la maladie favorisent des rapprochements, des confidences qui étaient impossibles avant, pour de multiples raisons. La séparation des parents, la mort de sa demi-soeur Kate n'avaient pas facilité les choses, toutes deux s'étaient éloignées géographiquement et beaucoup de non-dits, de questionnements restaient en attente. De caractère introverti, Charlotte était une énigme pour sa mère, déjà toute petite. Et pas facile pour Jane de se retrouver devant une sorte de tribunal avec la crainte de devoir justifier ses erreurs, ses manquements, et la certitude de ne pas avoir eu un comportement conforme aux attentes de sa fille. D'où le sentiment de culpabilité qui la ronge sans cesse...
Avec douceur et tendresse, Charlotte tente de brosser un portrait intime de Jane aujourd'hui, sans fard, avec les rides assumées, et ce côté négligé savamment étudié : "Je lui suis reconnaissante d’avoir accepté d’être filmée sans fard, et aussi dans son rôle de grand-mère, qu’elle assume parfaitement. Mais elle ne se montre pas n’importe comment non plus. Elle est comme mon père, elle a un côté négligé et c’est un négligé très étudié !"
Elle promène la caméra dans plusieurs lieux importants : le Japon, où Kate aimait séjourner, l'appartement de Serge , rue de Verneuil, où toutes deux ont vécu et qui devient un musée, puis la maison de Bretagne où Jane se ressource de temps en temps, parmi un joyeux bazar peuplé d'objets de toute sorte. Des lieux chargés de souvenirs, d'émotion, de nostalgie. L'empreinte du passé, l'évocation de scènes de vie partagées se transmettent aussi à la petite Jo, dernière fille de Charlotte.
Ce documentaire retrace une histoire intime, déclaration d'amour d'une fille à sa mère, et inversement, la certitude qu'une femme , même sous les projecteurs, reste sensible à ce qu'elle a de plus cher, ses enfants. On peut trouver de l'impudeur dans cet étalage de sentiments, mais c'est son côté universel qui séduit, tout autant que la délicatesse et la vulnérabilité qui s'en dégagent.
La scène la plus émouvante est sans conteste la dernière...
Un film sincère et sensible.
 

 

 

Jane par Charlotte
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