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    Les femmes sont-elles plus morales que les hommes?

Regardez autour de vous: les hommes ne sont-ils pas des égoïstes qui, dès leur plus jeune âge aiment la bravoure et les jeux de guerre? De leur côté, les femmes ne pensent-elles pas davantage aux autres qu'à elles-mêmes et ne tentent-elles pas d'apaiser les tensions? Voilà pour les clichés, tout le problème est de savoir quelle part de vérité ils recèlent. Pour la plupart des femmes de la première génération, la remise en cause de la domination masculine et le conquête de l'égalité des droits ont conduit à critiquer toute différence de nature entre homme et femme. C'est ce qui a amené notamment à distinguer le sexe-donnée biologique- et le genre- construction sociale de l'identité sexuelle. Or voilà qu'une nouvelle vague féministe venue des Etats-Unis renverse cet égalitarisme et revendique la supériorité des valeurs morales féminines. C'est le care ou la sollicitude, l'ouverture à autrui et le dialogue sont mis en avant, contre le goût du rapport de force et le solipsisme jugés trop masculins. A l'heure où le deuxième sexe conquiert la première place aux Etats-Unis, les salaires des femmes sont désormais supérieurs à ceux des hommes. La question se pose avec une acuité particulière : si les femmes prennent le pouvoir, en feront-elles un meilleur usage que les hommes avant elles? Le débat s'annonce vif...
Dossier complet dans Philosophie magazine n° mai 2012

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 Rousseau contre Hobbes : le vrai débat de la présidentielle
L'un était convaincu que "l'homme est un loup pour l'homme" et a donc imaginé un Etat-Léviathan. L'autre défendait au contraire une bonté naturelle appelée à être réactivée par "un contrat social". Les deux font date dans l'histoire de la pensée. Or il se pourrait bien que Thomas Hobbes et Jean-Jacques Rousseau animent encore notre actualité politique. Il est en effet frappant de constater à quel point Nicolas Sarkozy est proche de la philosophie libérale de Hobbes, là où François Hollande rejoint l'aspiration républicaine de Rousseau. Vu sous cet angle, le débat, en apparence atone de la présidentielle, prend un relief inattendu. Et ses enjeux s'éclairent : car, comme le montre notre sondage exclusif, les Français apparaissent majoritairement rousseauistes mais aux prises avec un monde hobbesien dédié à la compétition de tous contre tous.
Décryptage d'une quadrature du cercle pour mieux débrouller les fils d'un vote crucial
Dossier complet dans Philosophie magazine n° avril 2012

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                                                                                              Le chat et la modernité
A la fin de sa vie, Montaigne inséra une question dans un essai écrit des années plus tôt : "Quand je joue avec mon chat, qui sait s'il ne s'amuse pas plus de moi que je ne le fais de lui?" Cette question résumait la conviction solidement ancrée chez lui selon laquelle on ne sonde jamais vraiment la vie intérieure des autres, qu'ils fussent chat ou humain.
Le chat de Montaigne est emblématique de la question de la coopération. Mon postulat à ce propos est que nous ne comprenons généralement pas ce qui se passe dans les coeurs et les esprits des gens avec qui nous avons à travailler. Pourtant, tout comme Montaigne a continué à jouer avec son chat énigmatique, un manque de compréhension mutuelle ne doit pas nous empêcher de discuter les uns avec les autres; nous voulons que quelque chose soit fait ensemble.
Le chat de Montaigne était une parabole construite à l'aube du monde moderne pour représenter de nouvelles manières de vivre ensemble. En arrière-plan, il y a la politique de Montaigne et La Boétie: une vie coopérative libérée des ordres venus de plus haut. Que sont devenues ces promesses de modernité? Dans une phrase lourde de sens, le philosophe Bruno de Latour notait que nous n'avons jamais été modernes. Il signifiait que notre société n'a pas réussi à s'attaquer aux problèmes posés par les techonlogies qu'elle a créées. En ce qui concerne la coopération, j'amenderais l'affirmation de Latour, nous avons maintenant à devenir modernes; le chat de Montaigne représente les capacités de l'humain que notre société doit maintenant faire éclore.
Richard Sennett - philosophe américain - The Guardian

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 Qui détient réellement le pouvoir en Russie?
La Russie est dirigée par le pouvoir corporatif du FSB. Il ne s'agit pas d'une dictature personnelle de Poutine.
Qui décide en dernière instance?
Un groupe de généraux du KGB, à la retraite ou actifs. Certains avaient des responsabilités sous le pouvoir soviétique, d'autres sont apparus plus tard lorsque le régime communiste est tombé sous la pression populaire. En 1991, ils ont eu très peur, mais ils se sont vite ressaisis.Dans les années 90, ils ont discrètement placés les leurs à des postes d'adjoints ou de conseillers dans les administrations. Ils ont ainsi rappelé Poutine d'Allemagne pour le nommer collaborateur du maire de St Pétersbourg avant de le désigner pour succéder à Elsine.
Vous luttez depuis des décennies contre le communisme et ses avatars. la liberté est-elle votre valeur cardinale?
La liberté intérieure plutôt, c'est à dire la responsabilité de soi, quoi que  pense ou fasse la majorité. La liberté extérieure est une utopie. Elle ne sera jamais totale mais sera toujours dépendante de détails et de nécessités de la vie. C'est en prison, là où la liberté n'existe plus physiquement qu'on la reconnaît le mieux. Pour survivre, si l'on ne t'a pas définitivement cassé ou tué, il ne reste en effet que cette liberté intérieure. Et il faut se battre en permanence pour en conserver une petite parcelle. Si tu la perds, tu n'es plus un homme mais une chose.
Extrait d'interview de Vladimir Boukovski pour Philosophie magazine."Le régime de Poutine ne survivra pas"

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argent 86Le fric, c'est mythique 

Vous voulez comprendre ce que le capitalisme financier a changé à l'économie réelle? Rien de plus simple. Songez aux transformations que les sites de rencontre – Meetic, Adopteunmec, Gleeden et consorts – sont en train de faire subir à l'amour.

L'amour, la sexualité sont des domaines où la question de l'équilibre entre l'offre et la demande se pose de manière aiguë. La plupart des êtres humains ont besoin d'avoir des rapports sexuels, mais aussi d'aimer ou d'être aimé. Traditionnellement, dans ce secteur des activités humaines, les rencontres sont confiées au soin du hasard. Elles se font selon des modalités impondérables autant qu'erratiques. Les accords sont tacites, qui se négocient par des échanges de regards, des sous-entendus, des effleurements discrets. L'opacité et le risque sont de la partie. L'amour est un tâtonnement aveugle. Quant au sexe, la morale commune rendant difficile l'expression d'un désir prosaïque, que ne drapent aucun subterfuge ni aucun alibi sentimental, c'est un domaine dans lequel la frustration est la règle plutôt que l'exception. En termes économiques, on dira donc que l'offre et la demande ne se croisent pas, car il n'existe pas de marché des rapports gratuitement consentis.
Voilà un état de fait qu'Internet pourrait révolutionner drastiquement. Ce média permet en effet d'optimiser les rencontres. Certains désirent une relation durable ? D'autres une aventure sans lendemain ? Certains rêvent de rencontrer une Asiatique folle de Milan Kundera qui a pour hobby le ski nautique ? D'autres un phénoménologue allemand passionné par la préparation des tortillas, qui passe toutes ses vacances en Scandinavie ? Il est quasiment exclu d'assouvir de telles aspirations en s'en remettant à la loterie des rencontres spontanées. Sur Internet, aussi rare soit la perle convoitée, il n'est pas impossible de la trouver. Si, jusqu'à nos jours, l'amour et la sexualité sont soumis au régime du troc et de la rareté – le niveau zéro de l'échange –, les sites de rencontre pourraient nous faire entrer dans un régime d'abondance. Que perdrait-on au change si l'on s'en remettait exclusivement à eux pour gérer l'ensemble de notre vie affective ? Quelque chose d'indicible, de l'ordre de l'enchantement, du saut dans le vide, de l'appréhension délicieuse devant l'inconnu… En fait, on peut penser que la rationalité finirait par évacuer le désir, pour créer un monde d'interactions ternes.

Eh bien, pour l'économie, c'est peu ou prou la même chose. Avant les révolutions industrielles et l'essor de la finance moderne, les hommes travaillaient et produisaient des richesses, bien sûr. Cependant, en l'absence de tout marché organisé, les rapports de production dépendaient des liens de parenté, du voisinage, des traditions locales, voire des valeurs religieuses… Et les investissements liaient directement le bourgeois à sa ville, le banquier à son souverain. Le capitalisme financier a fait sauter ces obstacles. Il a optimisé un processus chaotique. Non seulement il a transformé le travail en marchandise abstraite, mais il fait circuler le capital à un rythme effréné sur la Terre entière. Les échanges sont furtifs voire instantanés, les décisions importantes ne s'embarrassent d'aucun scrupule. L'efficacité règne. Et pourtant, quelque chose d'une magie ancienne de la fabrication, d'un mystère de la richesse, s'est évaporé. Les placements ne durent guère, les contrats à durée déterminée font florès, la flexibilité et la mobilité sont la règle. L'argent a sa sphère autonome, déterritorialisée ; il est toujours ailleurs, les peuples peinent à en percevoir les retombées ou les fastes. Nous vivons dans une société d'abondance, mais paradoxalement la richesse y est devenue irréelle. Au coeur de ces turbulences, il nous arrive de regretter la lenteur et la monotonie du passé, qui donnaient une continuité à nos vies et calmaient nos angoisses, au lieu de les aggraver.
Alexandre Lacroix - Philosophie Magazine n°56

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                                                                           Qu'est-ce que l'homme?

C'est la grande question de la philosophie et elle ne cesse d'être creusée, renouvelée, modifiée par les débats contemporains.En fait, les découvertes récentes viennent davantage se nicher dans des options possibles que bouleverser la donne.
Pour les modernes, elle se résume à trois options principales:la nature, la culture, la liberté.En fait, on peut considérer que le propre de l'homme se niche dans sa nature, c'est à dire dans sa configuration biologique ou psychologique. Ce serait là, dans les mystères de son fonctionnement qu'il faudrait guetter sa spécificité humaine. Mais on peut penser qu'elle réside avant tout dans l'expression singulière de sa culture:langue, moeurs,art, littérature...Tel serait le propre de l'homme à distance de sa nature.On peut envisager enfin que l'Homme se définit avant tout par sa liberté, c'est à dire par sa capacité d'être, comme dirait Sartre, l'existence qui précède son essence, autrement dit par sa capacité à s'arracher à des déterminismes aussi bien naturels que culturels.
De ces trois définitions, aucune n'est vraiment contestable. la première, parce que rabattant l'homme sur l'animal, elle ne permet plus de penser de différence autant que de degré avec ce dernier.
La deuxième pose problème car elle risque de faire disparaîtrel'unité de l'humanité dans la diversité de ses formes culturelles. la troisième enfin est incertaine puisque en définissant l'homme qui n'est pas ce qu'il est, risque fort de n'aboutir qu'à un néant. Faudrait-il encore renoncer? Peut-être pas, dans la mesure où il existe au moins deux éléments de réponse qui, sans trancher le débat, peuvent faire consensus.
Le premier est que l'Homme est le seul être connu qui se pose la question de sa définition sans jamais pouvoir y répondre. On pourrait ainsi le définir comme l'être qui réfléchit sur sa nature, sur ses cultures, et sur sa liberté. Alors que, pour autant qu'on sache, ni l'huître, ni l'ordinateur, ni le robot, ni même le grand singe n'y parviennent tout à fait. Quant à Dieu - qui a toutes les réponses - pourquoi en aurait-il besoin?
Le deuxième élément est moins brillant : c'est la méchanceté. L'homme a en effet cette vertu étrange d'être vicieux. Il possède non seulement cette aptitude à faire le mal, mais à le prendre pour projet, il détient ce don, que les bêtes n'ont pas, d'être bestial et cruel.
L'homme serait-il donc le seul être capable d'être inhumain?

La philosophie comme art de poser les questions insolubles et l'humanité comme don de faire le mal : tels seraient les deux critères possibles de l'humanité de l'homme.
Henri Tavoillot - Philosophie magazine N°56

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 Sortez avec une fille qui lit. Une fille qui dépense son argent dans des livres au lieu de vêtements, qui a des problèmes de place parce qu’elle a trop de livres. Sortez avec une fille qui a une liste de livres qu’elle veut lire, qui a une carte de bibliothèque depuis l’enfance.  

Trouvez une fille qui lit. Vous le savez parce qu’elle a toujours un livre non lu dans son sac. C’est celle qui cherche amoureusement sur les étagères dans une librairie, celle qui pleure silencieusement quand elle a trouvé le livre qu’elle veut. Vous voyez cette personne bizarre qui renifle les pages d’un vieux bouquin dans un magasin de livres d’occasion? C’est cette lectrice. Elles ne peuvent jamais résister à l’odeur des pages, surtout quand elles sont jaunes et usées. Elle est la fille qui lit en attendant sur la terrasse de ce café-restaurant. Si vous jetez un œil à sa tasse, la crème du lait flotte sur le dessus parce qu’elle est déjà absorbée. Perdue dans un monde imaginé par l’auteur. Asseyez-vous. Elle vous jettera juste un coup d’oeil, parce que la plupart des filles qui lisent n’aiment pas être interrompues. Demandez-lui si elle aime le livre. Offrez-lui une autre tasse de café. 

Faites-lui savoir ce que vous pensez vraiment de Murakami. Essayez de voir si elle a réussi à dépasser le premier chapitre du Seigneur des anneaux. Comprenez que si elle dit qu’elle a compris Ulysse de James Joyce, c’est simplement pour paraître intelligente. Demandez-lui si elle aime Alice ou si elle voudrait être Alice.

Et puis c’est simple de sortir avec une fille qui lit. Offrez-lui des livres pour son anniversaire, pour Noël, pour tout ce qui se fête. Offrez-lui le don des mots, en poésie et en chanson. Offrez-lui Neruda, Pound, Sexton, Cummings. Faites-lui savoir que vous comprenez que les mots sont l’amour. Comprenez qu’elle sait faire la différence entre les livres et la réalité, mais qu’elle va essayer de faire en sorte que sa vie ressemble à son livre préféré. Ce ne sera jamais de votre faute si elle le fait. Vous pouvez lui mentir. Si elle comprend la syntaxe, elle va comprendre votre besoin de mentir. Derrière les mots se trouvent d’autres choses: la motivation, la valeur, la nuance, le dialogue. Ce ne sera pas la fin du monde. Vous pouvez faillir. Parce que une fille qui lit sait que l’échec conduit toujours à l’apogée.Parce que les filles qui lisent comprennent que toutes choses ont une fin, mais que vous pouvez toujours écrire une suite. Que vous pouvez recommencer encore et encore et être toujours le héros. Que la vie est censée avoir un méchant ou deux. Pourquoi avoir peur de tout ce que vous n’êtes pas? Les filles qui ont lu comprennent que les gens, comme les personnages, évoluent. Sauf dans la saga Twilight.

Si vous trouvez une fille qui lit, gardez la près de vous. Lorsque vous la trouvez à 2 heures du matin serrant un livre sur sa poitrine et pleurant, faites lui une tasse de thé et prenez la dans vos bras. Vous pouvez la perdre pour quelques heures, mais elle reviendra toujours vers vous. Elle parlera des personnages du livre comme s’ils étaient réels, car il le sont toujours pendant un moment. Vous lui ferez votre demande en mariage sur une montgolfière. Ou lors d’un concert de rock. Ou très décontracté la prochaine fois qu’elle est malade. Sur Skype. Vous sourirez si fort que vous vous demanderez pourquoi votre coeur n’a pas encore éclaté un peu partout dans votre poitrine. Vous allez écrire l’histoire de votre vie, avoir des enfants avec des noms étranges et même des goûts étranges. Elle va les initier à Mon bel oranger et Charlie et la chocolaterie, peut-être dans la même journée. Vous marcherez ensemble les hivers de vos vieux jours et elle va réciter Keats en un souffle tandis que vous secouez la neige de vos bottes.

Sortez avec une fille qui lit car vous le méritez. Vous méritez une fille qui peut vous offrir une vie plus colorée et créative. Mais si en retour vous ne pouvez lui offrir que la monotonie, des heures éteintes et des inspirations insipides, alors vous feriez mieux de la laisser seule. Mais si vous voulez le monde et les mondes au-delà, sortez avec une fille qui lit.

Ou mieux encore, sortez avec une fille qui écrit.

- Rosemarie Urquico

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 Se connaître soi-même, est-ce bien nécessaire?
Je m'inscris dans le lignage de la philosophie antique de la construction se soi par la volonté.
Nous sommes ce que nous faisons de nous, disent tous les sages antiques, bien avant Sartre et l'existentialisme. Savoir ce que l'on est, puis ce que l'on peut être, permet de savoir ce que l'on peut devenir, donc être. L'Antiquité fait de la relation maître-disciple une pédagogie: le disciple apprend par l'exemple , puis par le discours, comment il peut devenir ce qu'il est; la parole joue un rôle, certes, mais aussi, plus encore, l'exemple, puisqu'il valide la parole. Dire une chose et en faire une autre, un sport national dans la communauté philosophique contemporaine, était impensable dans l'Antiquité où la preuve du philosophe était dans la vie qu'il menait et non dans la parole qu'il pouvait colporter , tout en vivant le contraire de ce qu'il aurait enseigné...
Quelles sont les activités qui rendent possibles une exploration et une construction féconde de soi?

-La lecture, beaucoup de lecture : l'existence d'un corpus de sagesse occidental vieux de 3000 ans contient toutes les pistes possibles et imaginables. Chacun peut y trouver son compte en relation avec son tempérament, son caractère.
- La méditation: revenir sur une pensée,en examiner les richesses, les potentialités
- L'écriture : chacun doit pouvoir consigner sur le papier telle ou telle idée
- L'examen de conscience : cette technique permet de prendre date sur soi-même, s'effectue dans la perspective de la mesure de soi: ce que l'on est, ce que l'on se propose d'être, ce qui reste à faire
- La pratique : vivre sa pensée, penser sa vie, incarner les idées dans la vie quotidienne qui est le lien de la philosophie....
Interview complète de Michel Onfray dans Philosophie Magazine n°55

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Sommes nous libres de désirer ? Non, affirme le penseur René Girard. Nous désirons un objet parce que celui-ci nous est désigné par un tiers. Voilà une idée dont tout parent de deux enfants, ou plus, a pu tester la solidité.. Seulement voilà, indique René Girard, la rivalité mimétique qui en découle peut entraîner une société entière dans une spirale de violence. D'où, pour enrayer ce mécanisme, la désignation d'un bouc émissaire dont le sacrifice permettra le transfert des tensions. Retour à l'harmonie et à la paix, sauf pour la victime… innocente. Voilà la trame d'un phénomène qui se répète à travers les âges, depuis Œdipe jusqu'à l'affaire d'Outreau.

« Il y a une correspondance entre les thèses anthropologiques de Girard et mes observations d'éthologue. »
Boris Cyrulnick, neuropsychiatre, psychanalyste et psychologue

« Je pense que la guerre a sa vie propre, hors de contrôle du politique, mais cela ne veut pas dire que la politique est impuissante. »
Colonel Durieux, officier d'active et spécialiste de Clausewitz

« Nous vivons dans un monde de sagesse au detail et de folie en gros. »
Peter Thiel, inventeur de Paypal et actionnaire de Facebook

« Le marketing peut parfaitement être interprété à l'aune de la théorie du désir mimétique. »
Marie Claude Sicart, experte en stratégie de marques

« Girard est un génie solitaire qui doit tout à toute l'histoire de la culture occidentale. »
Jean Pierre Dupuy, philosophe, ingénieur et épistémologue

Dossier complet dans Philosophie magazine n°55

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 "Quand le citoyen-écologiste prétend poser la question la plus dérangeante en demandant : Quel monde allons-nous laisser à nos enfants? il évite de poser cette autre question, réellement inquiétante : A quels enfants allons-nous laisser le monde?
Jaime Semprun - L'abîme se repeuple

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L'art résiste aux conventions politiques, culturelles et esthétiques. L'art résiste à la morale et à l'actualité. L'art - parce que c'est de l'art - est résistance. L'art n'est pas résistance à quelque chose, l'art est résistance en soi. L'art est résistant parce qu'il résiste à ce qui existe déjà et ce qui est déjà connu. L'art - en tant que résistance - est affirmation, mouvement, croyance, intensité, l'art est "positif". L'art résiste à la tradition et l'art résiste au monde des faits. L'art résiste à chaque argumentation, chaque explication et chaque discussion. Je n'ai pas peur du conflit, de la contradiction ou de la complexité car je sais, en tant qu'artiste, que l'art est résistance en soi. Une résistance est toujours liée à une friction, à une confrontation, à une destruction mais aussi à la créativité. Une résistance est un conflit entre créativité et destruction. Je veux affronter ce conflit. Je suis moi-même le "conflit"et ma forme représente ce conflit. Je veux situer mon travail dans la zone de conflit. Je veux qu'il s'érige dans le conflit et qu'il y soit résistant.
                                                                                                                            Thomas Hirschhorn

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Pourquoi lit-on?

Il s'agit d'abord d'une découverte, comme toutes les premières fois d'une vie, mais des premières fois suffisamment marquantes pour qu'il y en ait des secondes qui leur confèrent ce statut de premières et inoubliables, à peine déformées par la sédimentation du temps et de la relecture.Or la lecture a cela d'exceptionnel -- peut-être comme l'amour, à plus forte intensité encore --qu'elle peut multiplier à l'envi les premières fois. Ainsi essaiment-elles le long d'une vie des moments nouveaux, ouvrent-elles des mondes inconnus, ou relancent-elles des enthousiasmes oubliés...Les livres sont comme des personnes, ils aident à nous construire mais on peut s'en éloigner pour connaître d'autres vies, s'engager dans d'autres expériences. Ils demeurent pourtant au fond de soi, comme une fondation solide,une humeur, une manière d'éprouver. Et c'est ce qui me reste des grands livres, cette gratitude indéfectible qui un jour m'y fera revenir...La lecture se situe au-delà des livres, au-delà des rencontres chaque fois recommencées avec l'univers d'un auteur. C'est un état d'esprit, une attente, un horizon dans lequel vient s'inscrire chaque lecture particulière. Etre lecteur est une manière d'être... 

Ils m'ont dit qui j'étais - Mazarine Pingeot

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Samedi 20 février 2010 6 20 /02 /Fév /2010 14:01

               

                  surprise


                 L'adulte aide le petit enfant à découvrir la lecture; il lui permet de comprendre l'histoire en lisant les textes ,en regardant le livre avec lui et c'est cette relation affective entre l'adulte, l'enfant et le livre qui a un rôle déterminant dans les futurs rapports que l'enfant établira avec le livre.  Plaisir de l'enfant qui vit avec les personnages, emmagasine du rêve en s'appropriant une histoire, plaisir de l'adulte qui lit sur le petit visage de l'émotion,  de l'émerveillement et ce plaisir partagé est d'autant plus grand quand le livre ne fait pas partie de l'environnement familier de l'enfant...

Par Ritournelle - Publié dans : Littérature
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Jeudi 18 février 2010 4 18 /02 /Fév /2010 22:07
exécution7Marc Dugain adapte au cinéma une partie de son roman qui fait référence aux dernières années de Staline. Le dictateur malade vient de congédier son médecin personnel; il convoque à son chevet une jeune médecin urologue qui pratique le magnétisme pour soulager ses patients. Cette jeune femme est mariée à un physicien dont elle aimerait avoir un enfant ; ses espoirs sont brisés par l'intrusion de Staline dans son couple qu'il détruit en imposant le secret et la séparation. Il va sans dire que la torture est une pratique coutumière du régime : pour lui ,elle sera physique, pour elle , elle sera morale car le dictateur use de la confidence mais aussi de la perversité pour être sûr de ses fins, rien ni personne n'étant à ses yeux digne de confiance dans un engrenage où chacun doute de son voisin, quel qu'il soit.
Ce système implique la peur et le courage pour y faire face...
Une évocation des années noires de la Russie servie par des comédiens remarquables, dont le jeu est d'une rare authenticité, mis en valeur par une mise en scène sobre : un magnifique moment de cinéma....






                 
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Par Ritournelle - Publié dans : Cinéma
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Mercredi 17 février 2010 3 17 /02 /Fév /2010 22:29
couple Dans ce roman, Douglas Kennedy balaye 30 années de la vie américaine, depuis les années 70 jusqu'aux années 2000 , en mettant en scène des personnages qui incarnent les contradictions de ce pays.
Hannh Bunchan est la fille d'un brillant universitaire de gauche et d'une artiste peintre au caractère bien trempé, un couple qui affiche une harmonie de façade. Certainement en réaction à ses parents, Hannah aspire à une vie sereine avec l'homme qu'elle rencontre à l'université, un jeune médecin qu'elle épouse et dont elle a un enfant. Le couple part s'installer provisoirement dans une petite ville du Maine où les distractions sont rares et la mentalité très fermée. Hannah se transforme en femme au foyer, se persuade qu'elle est heureuse mais elle ne se doute pas que cette sitaution va lui faire vivre une aventure qui sera lourde de conséquences ultérieurement. Trente ans plus tard, le passé la rattrape et elle voit s'effondrer ses acquis ainsi que ses certitudes....
600 pages pour décrire une intrigue presque policière où l'engagement des années "peace and love" contre la guerre du Vietnam a divisé le pays, tout comme la politique intégriste de Bush; Douglas Kennedy dresse un portrait sans concession de ce qu'il estime être les dérives politiques, religieuses et morales de l'Amérique. Il aborde aussi avec beaucoup de talent les relations de couple, la difficulté de communiquer avec ses enfants, la quête de soi, la connaissance de l'autre, le besoin de reconnaissance. On ne lâche pas ce livre tant il est dense, bien construit; le style est simple, efficace. Lisez-le!
Par Ritournelle - Publié dans : Littérature
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Mardi 16 février 2010 2 16 /02 /Fév /2010 19:08
                       digue 019
Par Ritournelle - Publié dans : Photo
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Lundi 15 février 2010 1 15 /02 /Fév /2010 11:09
le pen2          

Au cas où ça vous aurait échappé, il a dit, il y a 2 jours :
     

"Je sais bien qu'on reconnaît au Premier ministre sa qualité de fidélité mais qu'on me permette aussi de critiquer son impuissance. C'est ce qui fait dire à un certain nombre de mauvaises langues qu'on l'appelle Fidel Castré"

Par Ritournelle - Publié dans : Humour
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Samedi 13 février 2010 6 13 /02 /Fév /2010 13:42
                       digue 001
Par Ritournelle - Publié dans : Photo
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Vendredi 12 février 2010 5 12 /02 /Fév /2010 19:14
                        lycée 002

Le club lecture de la médiathèque de Biarritz était invité aujourd'hui par les élèves du lycée hôtelier pour célébrer la St Valentin autour du thème de l'amour. Un moment de partage très agréable pour tous, adultes et adolescents, qui a prouvé qu'à tout âge, les mots sont des nourritures indispensables...Félicitations à ces élèves qui ont participé au Goncourt des lycéens; cette expérience a été déterminante dans leur parcours de lecteurs, eux qui ne mesuraient pas auparavant l'impact de la lecture dans l'itinéraire de chacun....Leur grande récompense sera de rencontrer David Foenkinos très bientôt à Biarritz, un auteur à qui ils auraient volontiers attribué le prix Goncourt...
Bonne chance à eux dans leur parcours professionnel et personnel! 
                         lycée 001
Par Ritournelle - Publié dans : Littérature
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Mercredi 10 février 2010 3 10 /02 /Fév /2010 19:02
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         Le théâtre de Pippo Delbono est unique parce que l'homme lui-même est exceptionnel : un être pétri de générosité qui s'insurge contre l'injustice,  le pouvoir, les tabous de la société, l'exclusion , et qui est toujours en quête de vérité . C'est un faits divers qui est à l'origine de son dernier spectacle "Le mensonge": l'usine Thyssen Krupp de Turin détruite par un incendie dans lequel ont péri 7 ouvriers; c'est en pénétrant dans ce lieu que Pippo a senti la nécessité de donner à voir tout ce que cet événement a déclenché en lui: une interrogation sur lui-même et ses propres mensonges, sur la société d'aujourd'hui, sur ceux qui mènent le monde... Le texte a une importance limitée, le corps, par contre, a une place prépondérante dans cet univers fellinien où les références aux grands auteurs sont nombreuses, notamment celle de Kafka ou de Shakespeare. Ce qui peut être perçu comme sombre par le spectateur n'est pas pessimisme mais plutôt réalisme ou lucidité; c'est un théâtre proche de la vie, inventif, à la fois réel et fantasmé , fait pour inciter à la réflexion tout en offrant de magnifiques moments de poésie. Un spectacle de Pippo est conçu comme un moment de partage avec le public et cette générosité s'exprime aussi dans le choix des comédiens dont certains , issus de milieux marginaux, obtiennent ainsi leur part de reconnaissance et de dignité.
Allez les applaudir, ils vous laisseront des images fortes, inoubliables ...

                  
               pippo 001

                pippo 002

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Par Ritournelle - Publié dans : Théâtre
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Mardi 9 février 2010 2 09 /02 /Fév /2010 14:29
                       Le Larousse s'arrête là où le coeur commence.
                                                                David Foenkinos
Par Ritournelle - Publié dans : Citations
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Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /Fév /2010 13:22


                                           Prime number cross
Ce livre a obtenu le prix Strega 2008 en Italie; c'est le premier roman d'un jeune physicien qui a choisi pour thème celui des nombres premiers, "solitaires et soupçonneux " car différents des autres et séparés de leurs semblables par un nombre pair, si bien que même en étant proches, ils ne parviennent jamais à se toucher. Une belle métaphore pour évoquer les personnages principaux du roman : Mattia et Alice. Chacun a subi des traumatismes irréversibles dans l'enfance : Mattia culpabilise d'avoir perdu sa petite soeur handicapée dans un parc et Alice boitera toute sa vie suite à un accident de ski. Tous les deux se rencontrent à l'adolescence; ils percoivent chez l'autre la souffrance dans laquelle ils sont enfermés; toute la vie, ils vont s'aimer, s'éloigner, sans jamais réussir à construire une relation stable.
Paolo Giordano décrit avec réalisme et délicatesse les comportements sans concession des adolescents, il sait trouver les mots justes pour évoquer la souffrance, l'incommunicabilité, la peur. Au-delà de la tonalité un peu triste du roman, les personnages sont attachants : ce sont des êtres qui maîtrisent leur douleur grâce à leurs passions respectives et à ce sentiment  fort qui les lie , même s'il ne leur garantit qu' un bien-être fugace.

Par Ritournelle - Publié dans : Littérature
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