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Le blog de Ritournelle

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Narcisse percussionniste

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Street art
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Palette d'automne
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Derniers clins d'oeil
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Violette

Si vous avez aimé Séraphine de Martin Provost, ne passez pas à côté de Violette, film qui met en lumière un autre personnage féminin, artiste dans l'âme, et dont les origines n'ont pas facilité l'éclosion de son talent. Violette Leduc est une bâtarde, née d'un fils de famille qui ne la reconnaîtra jamais et d'une mère qui ne lui témoigne aucune tendresse. A l'adolescence, elle vit des amitiés amoureuses avec des filles de son pensionnat, puis par la suite, avec une surveillante dont elle partagera l'existence pendant neuf ans tout en faisant des petits boulots chez les éditeurs. Elle y rencontre l'écrivain homosexuel Maurice Sachs dont elle tombe éperdument amoureuse; pendant l'Occupation, tous deux font du marché noir dans l'Orne et Violette commence à écrire. Encouragée par Maurice, elle rassemble ses souvenirs d'enfance dans l'Asphyxie (dont la première phrase" Ma mère ne m'a jamais tenu la main" donne le ton). Puis Maurice fuit la France . Après avoir lu L'invitée de Simone de Beauvoir, Violette se risque à la rencontrer pour avoir un avis solide sur son écriture. Naît alors une grande amitié entre les deux femmes, qui, si elle ne se transforme pas en amour comme le souhaiterait Violette, lui sera précieuse tout au long de sa vie pour de multiples raisons. Grâce à cet appui sans faille et à l'amitié de Jean Genet, Jacques Guérin, Albert Camus, Violette connaîtra enfin la célébrité...
De cette vie rude, Martin Provost a su extraire des moments lumineux dont ceux où Violette s'approprie les paysages colorés et odorants de la Provence pour faire ressurgir les souvenirs enfouis, ou encore les moments de partage avec Simone, qui la font grandir en tant qu'être humain et en tant qu'écrivaine.
Ce film classique (pour certains) nous permet d'approcher les émotions fortes de la création et réhabilite une auteure de nos jours méconnue. C'est aussi un témoignage d'époque sur la condition féminine, dans ces années où Le deuxième sexe suscitait des réactions très vives. L'interprétation parfaitement maitrisée des deux actrices, Emmanuelle Devos et Sandrine Kiberlain donne un atout supplémentaire à ce film que j'ai beaucoup aimé.

Violette
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Colère

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La claire fontaine - David Bosc

Ce court récit traite de l'exil du peintre Courbet en Suisse, alors qu'il est accusé d' avoir incité les Communards à détruire la colonne Vendôme. Il passe la frontière de façon romanesque , en calèche, avec femme et apprenti, et s'installe au bord du lac Léman, à la Tour de Peilz. L'artiste va vivre là les quatre dernières années de sa vie et si certains y ont vu, à tort, des années noires gagnées par l'alcoolisme et la maladie, sa correspondance prouve que le peintre a manifesté une joie de vivre débordante dans ce paysage grandiose. Athée, Courbet célèbre la nature et en explore tous les mystères; il adore se baigner dans les lacs, observer les animaux, goûter la compagnie des femmes ainsi que celles des petits bourgeois avec qui il partage vin et chansons. La peinture demeure la nourriture indispensable dans laquelle il projette toutes ses sensations et émotions du moment, sachant bien que "le tableau donne un espace pour exister à ce que l'on ignorait en soi", avec toujours à l'esprit les grands principes affichés dans son atelier:
" Ne fais pas ce que je fais.
Ne fais pas ce que les autres font.
Si tu faisais ce que faisait Raphaël, tu n'aurais pas d'existence propre. Suicide.
Fais ce que tu vois et ce que tu ressens. Fais ce que tu veux
."

Mais le bien-être éprouvé dans la symbiose avec la nature n'empêche pas le désir de retrouver la ville, qui porte en elle d'autres promesses:
"Vivre dans une village dont on n'est pas, dans un village où la plupart des autres sont chez eux, se connaissent, et chaque jour vous montrent la même gueule, bonne ou mauvaise, au bout d'un moment, hein? On prend le premier train. On court se jeter dans le grand déversoir où viennent se défaire, se nouer les rails, les routes, les rencontres, une vraie ville, des lieux publics, enfin, où le hasard bat les cartes."
La jouissance extrême manifestée par le peintre durant ces quatre années ne peut conduire qu'à l'issue fatale;elle témoigne aussi d'un choix de vie guidé par un maître mot : liberté.
Et c'est bien ce thème de la liberté que l'auteur explore dans la vie de Courbet , que ce soit dans la nature, dans la peinture ou dans l'engagement politique. On parcourt le récit avec un double plaisir, celui des mots et celui de la peinture. Et c'est à juste titre qu'il a figuré dans la première sélection Goncourt.

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Balade du soir

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...Le commandement des totalitaires était : "Tu dois". Notre commandement est : "Tu es". Or la pub, sous la forme que nous lui connaissons aujourd'hui, ne fait pas autre chose quand elle s'adresse au consommateur à la première personne du singulier. "Avec Carrefour, je positive" , "L'Oréal parce que je le vaux bien. De même que la dictature d'Océania, prison sans barreaux faisant de Big Brother un objet d'amour, remplace l'esclavage par la servitude volontaire, certains slogans se mettent littéralement à la place de leurs destinataires et les renseignent sur la nature même de leurs envies. Plus qu'un impératif ou une simple invitation à consommer (qui laisserait au client la liberté de s'abstenir), il s'agit ici aussi de dissimuler l'injonction sous la suggestion. plus qu'une identification du consommateur à l'identification de son désir. Un tel procédé a pour but de priver tout individu de parler en son nom quand il dit "je". La pub s'en prend au désir lui-même comme les dictatures s'en prennent à la volonté. Car il existe deux façons de ne pas laisser le choix à quelqu'un : la première est de le contraindre (ce qui expose au risque de la révolte ou du refus), la deuxième, plus efficace et moins visible, est de le persuader. Qu'il soit le tyran d'Océania ou qu'il soit l'autre nom du Moloch publicitaire, la force du Big Brother lui vient du fait qu'au lieu de soumettre un individu contre son gré, il s'attache à en sculpter les sentiments, à en orienter les tentations, et sans qu'il s'en aperçoive, à lui dire qui il est et surtout ce qu'il est : "En Devernois, je suis moi".
Que retenir de cette ressemblance inattendue entre une satire de l'URSS et les discrètes fourberies du monde marchand?
D'une part, qu'il est illusoire de se révolter pour ne plus être soumis : tout comme la reddition de Smith était téléguidée du début à la fin par Big Brother, le marché lui-même manipule (et récompense parfois d'un succès commercial) les indignés qui croient naïvement s'en affranchir en l'affrontant et le combattre en le contestant.
D'autre part, que nous n'avons pas tant à craindre un retour de la dictature qu'une extension du despotisme publicitaire qui, comme dit Tocqueville, "ne brise pas les volontés mais les amollit, les plie et les dirige, ne détruit point mais empêche de naître, ne tyrannise point mais gêne, comprime, énerve, éteint, hébète et réduit enfin chaque nation à n'être plus qu'un troupeau d'animaux timides et industrieux dont le gouvernement est le berger."
R.Enthoven- Philosophie magazine n°nov.2013

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Published by Ritournelle - - Un peu de culture

Confidences

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Mes photos, mes coups de coeur en littérature et au ciné, les auteurs et artistes que j'admire,mes productions personnelles et une pincée d'humour...

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