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Le blog de Ritournelle

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Le dernier coup de marteau

L'adolescence est une période difficile, même lorsqu'on a déjà des repères familiaux. Ce n'est pas le cas de Victor qui ne connaît pas son père. L'urgence se fait sentir pour lui lorsque sa mère atteinte d'un cancer lui fait comprendre qu'elle veut l'envoyer chez ses grands-parents. Finie alors la vie à deux dans leur caravane au bord de la mer où la précarité n'exclut pas une grande complicité ni des relations chaleureuses avec des voisins espagnols dont la fille, Luna, trouble le jeune garçon. Se profile aussi pour lui la possibilité d'aller dans une école de football, selon les conseils de son entraîneur. Ces perspectives donnent à Victor le courage de pousser la porte de l'Opéra de Montpellier où son père dirige la sixième symphonie de Mahler dont les "trois coups de marteau" ont été pour le compositeur des références à des événements douloureux : la perte de sa fille, son éviction de l'Opéra de Vienne, la découverte de sa maladie de coeur. De là, le titre du film...Victor affronte avec courage ce père qui nie tout d'abord son existence, puis il éprouve une grande fascination pour le musicien qu'il est, capable d'introduire l'adolescent dans un monde de sensations jusque là inconnu.
Avec beaucoup de délicatesse , Alix Delaporte nous fait partager les émotions de ce trio improbable; tout est dans la suggestion, quelquefois un peu trop à mon goût car on ignore totalement le passé du couple. On est tenu de s'attacher au présent des personnages, de partager leurs silences, leurs non-dits, de vibrer avec eux à leur moindre joie ou espoir. Romain Paul est un Victor très convaincant par son regard et son jeu très libre. Quant à Clotide Hesme et Grégory Gadebois, ils sont complètement investis dans leurs personnages. Tous trois ont eu un prix d'interprétation amplement mérité.
Un film tout en sensibilité.

Le dernier coup de marteau
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Published by Ritournelle - - Cinéma

Poésie du dimanche

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Génération internet

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Published by Ritournelle - - Humour

Seuls au monde

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- Quand on rit, est-ce qu'on rit au premier degré ou est-ce qu'on est capable de ne pas prendre les choses telles qu'elles sont écrites et présentées? Le principe du rire est justement de créer le décalage entre ce qui est écrit (et qu'on pourrait prendre au premier degré) et notre esprit critique (qui nous fait dire : mais non, évidemment, c'est de l'humour). Aujourd'hui, il semble qu'on ne sache plus dire si tel roman relève de l'humour ou pas : on a peur que ce soit vrai. On lit au premier degré? Au degré le plus basique. Dans le cas de Houellebecq (Soumission), il s'agit d'un conte drôlatique. Lui-même l'a expliqué, je crois. Or aujourd'hui, beaucoup disent qu'il faut prendre ce roman au pied de la lettre, que c'est islamophobe, que Houellebecq se rend complice de cette soumission qu'il met en scène dans son roman...C'est totalement absurde. Il faut apprendre à lire. Et mettre des limites au politiquement correct qui est en train de nous dévorer. L'écrivain a droit au politiquement incorrect, aux hypothèses les plus folles, les plus farfelues. Voilà ce qu'il faut enseigner aujourd'hui à l'école. Deux priorités donc : premièrement, apprendre à lire, deuxièmement, accepter le politiquement incorrect. Et j'ajouterai : troisièmement apprendre à faire la différence entre le réel et l'imaginaire. Certaines de nos élites politiques, mais aussi journalistiques sont obsédées par le moralisme. Et ce sont les mêmes qui viennent ensuite défiler pour la liberté d'expression. En faisant de la conformité au politiquement correct la valeur n° un, on tue la littérature.

Comment sortir de cette impasse?

- Je me méfie des recettes rapides.. Il faut du temps. Il va falloir former des professeurs, et ça prend du temps. Il va falloir convaincre les adultes, les parents, que l'école est là pour apprendre à raisonner, à mettre à distance les croyances, et ça aussi va prendre du temps. Je veux croire que nous parviendrons à convaincre du bien-fondé de toutes ces démarches, mais que se passera-t-il pendant tout ce temps? Là est le problème : l'inconnu. Il faut commencer par réaffirmer un certain nombre de choses : apprendre à lire, résister au moralisme du politiquement correct, restaurer l'autorité de l'école. Et ne pas avoir peur. Ce qui est certain, c'est que la peur est mauvaise conseillère. Ne cédons pas à la peur.

Extrait d'interview d'Elisabeth Badinter pour le magazine Lire n°mars 2015

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Published by Ritournelle - - Un peu de culture

Big eyes

Le dernier Tim Burton ne porte pas la signature habituelle du cinéaste. Loin de son côté macabre, décalé, ce biopic met en lumière une artiste américaine des années 50-60 Margaret Keane qui a connu la célébrité tard, et pour cause...Récemment divorcée, elle part vivre à San Francisco avec sa fille; pour survivre, elle décide d'exercer son talent de dessinatrice en travaillant dans une fabrique de meubles, puis commence ses premiers portraits d'enfants à l'huile. Lors d'une exposition, elle rencontre Walter Keane, grand mythomane en mal de reconnaissance artistique. S'inventant une formation aux Beaux-Arts de Paris, il appose sa signature sur des scènes de vie parisiennes peintes par un autre artiste. Voyant que les portraits de Margaret connaissent un certain succès, il met tout en oeuvre pour les commercialiser au maximum en usurpant l'identité de celle qu'il finit par épouser. Margaret se laisse convaincre par ce choix en mentant à son entourage, puis elle en souffre jusqu'à ne plus supporter la vie commune avec ce monstre.
Fort heureusement, elle trouve la force de réagir pour enfin parvenir à être elle-même.
Ce film dont l'image est particulièrement soignée, est magnifiquement porté par Amy Adams et Christoph Waltz ; il nous plonge dans une Amérique pleine de préjugés qui voit débuter le grand marché de l'art et s'affirmer les prémisses du féminisme. Ce thème du manque de reconnaissance des femmes en matière artistique est aussi abordé par Siri Hustvedt dans son livre "Un monde flamboyant"dont j'ai déjà parlé sur ce blog.Tim Burton a très bien traduit l'emprise totale et progressive de cet homme pervers sur sa femme . De plus, en voulant réhabiliter Margaret Keane (dont les toiles plaisent à un public limité, mais comme l'a dit Wharol:si c'était mauvais, il n'y aurait pas tant de gens qui aimeraient), a peut-être voulu remonter aux sources de son inspiration personnelle avec ces enfants aux immenses yeux tristes.
En tout cas, c'est un bel hommage qu'il rend à l'art et aux femmes.
A voir sans hésitation.

Big eyes
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Published by Ritournelle - - Cinéma

Rêverie

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Vernon Subutex - Virginie Despentes

Les romanciers puisent dans leur univers pour inventer des fictions. C'est le cas de Virginie Despentes, dont le passé de rockeuse a donné naissance au personnage de Vernon Subutex. Quadragénaire, beau garçon au regard magnétique, Vernon a été l'un des disquaires les plus renommés de la capitale. La concurrence commerciale d'aujourd'hui fait qu'il se retrouve sans travail. C'est l'un de ses amis, Alex Bleach, crooner à la mode qui paye son loyer. Ce dernier succombe à une overdose après s'être filmé dans son appartement. Vernon va conserver ces bandes enregistrées en souvenir de son ami. Commence alors pour lui une errance dans Paris à la recherche d'un toit. Il fait le tour de ses anciennes connaissances masculines et féminines, mais si ce qui les a soudés, c'était une même passion pour la musique, le rock en particulier, la vie a fait évoluer toutes ces personnes de façon différente : certains ont des enfants, d'autres vivent seuls et ne supportent plus la promiscuité. Tous ont changé leur façon de penser, de vivre, le passé n'est plus qu'un lointain mirage de complicité. On est en plein dans un milieu parisien qui brasse les univers variés de la politique, de la finance, du cinéma, de la musique, du porno :vingt-cinq années de cette société très sexe, drogue et rock'nroll qui voit perdre ses repères et ses valeurs. Alors que Vernon est en train de se perdre dans cette lente dérive, d'autres le recherchent pour mettre la main sur les enregistrements de Bleach, en faire un film qui leur procurerait un petit pécule...
Ce roman est à la fois un thriller et une chronique sociale. Il porte un regard lucide sur le monde d'aujourd'hui , ses attentes, sa quête de sens, ses excès de "virtualité". Malgré quelques longueurs, la construction est efficace, elle nous entraîne dans un tourbillon certainement éloigné de la vie provinciale, mais si le trait peut sembler quelquefois un peu trop expressionniste, il donne à réfléchir sur notre époque. Virginie Despentes a un style bien à elle, caustique, percutant, avec une pointe d'humour. Pas franchement optimiste ni pessimiste non plus, contrairement à Houellebecq, qui lui, est plus sombre.

"Jeff a passé la soirée à le narguer, avec son air sympa. Xavier a tenu le coup. Il a écouté les intellectuels du cinéma français s'autocongratuler sur la qualité de leurs œuvres, se réjouir de se retrouver à Cannes. Cannes, se disait Xavier, c'est la fête de la saucisse avec des putes en Louboutin. Tous à dégueuler leur caviar, le nez plein de coke, après avoir récompensé du cinéma roumain. Les intellos de gauche adorent les Roms, parce qu'on les voit beaucoup souffrir sans jamais les entendre parler. Des victimes adorables. Mais le jour où l'un d'eux prendra la parole, les intellos de gauche se chercheront d'autres victimes silencieuses. Cette bande de baltringues, pensait Xavier, leur grand héros c'était Godard, un type qui ne pense qu'à la thune et qui s'exprime en calembours. Eh bien partant de là, ils ont quand même réussi à dégringoler. Fallait le faire."

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Published by Ritournelle - - Littérature

Vendredi, France inter s'est installée au casino de Biarritz pour trois émissions:

-La bande originale avec Nagui, Daniel Morin, Leïla Kaddour-Boudadi, Frédéric Sigrist, Chris Esquerre, Richard Lornac au piano ; l'invitée était Claire Keim, ce qui a valu une petite apparition de son compagnon Vixente Lizarazu. Une belle ambiance, beaucoup de simplicité, d'humour , de gaieté et la participation musicale du talentueux jeune groupe montois Little Mouth.

- L'émission gastronomique de François-Régis Gaudry autour des spécialités locales, produits ou plats : jambon, boudin, piments, cerises, vin...l'occasion pour quelques-uns de déguster ce que la région a de meilleur, d'aborder la question de la contre-façon, et aussi celle des meilleures recettes de piperade ou de gâteau basque.

- Le masque et la plume animée par Jérôme Garcin a rassemblé un large public venu écouter les critiques de Danièle Heymann de la revue Marianne, Michel Ciment de la revue Positif, Eric Neuhoff du Figaro et Xavier Leherpeur du Nouvel Obs. Le sujet portait sur les derniers films à l'affiche. Un hommage a été rendu à François-Régis Bastide, fondateur de l'émission et biarrot.

Ils sont venus à Biarritz
Ils sont venus à Biarritz
Ils sont venus à Biarritz
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Quand le virtuel prend le pas sur le réel...

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Published by Ritournelle - - Humour

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Le blog de Ritournelle

Mes photos, mes coups de coeur en littérature et au ciné, les auteurs et artistes que j'admire,mes productions personnelles et une pincée d'humour...

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