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Le blog de Ritournelle

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Pas facile pour un français d'imiter un flamand

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Published by Ritournelle - - Humour

Se voiler la face...

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Trois souvenirs de ma jeunesse

La jeunesse qu'évoque Arnaud Desplechin est celle de Paul Dédalus qui abandonne le Tadjikistan où il a travaillé quelques années pour retourner à Paris. Il se souvient des étapes de sa vie. Tout d'abord l'enfance, marquée par une mère dépressive qu'il n'a pas aimée, un père souvent absent, un frère tourné vers la religion dont il s'est senti éloigné et une soeur, la seule personne qui ait mérité un peu de considération de sa part. Puis il pense à son adolescence avec la disparition de sa mère qui bouleverse complètement son père, les copains de lycée, le voyage en Russie où il a prêté son identité à un juif désirant regagner Israël, les premiers regards tournés vers les filles. Et c'est l'année du bac, les boums, la rencontre avec Esther, celle que tous les garçons convoitent car elle est belle, mais surtout différente : outre sa sensualité, elle dégage une assurance qui cache sa fragilité. Amours fortes, compliquées car l'attente n'est pas la même pour elle que pour Paul qui ne veut pas sacrifier sa passion naissante pour l'anthropologie...
Avec une grande justesse, Arnaud Desplechin nous permet, par l'intermédiaire de ses personnages, de revenir sur notre propre adolescence, avec ses doutes, ses souffrances, ses premiers émois qui entament le processus de la quête de soi. Malgré quelques longueurs, le film fait revivre une époque, celle des années 80, il suscite un "arrêt sur image" de notre propre vie, de l'enfance et de l'adolescence conditionnées par le milieu familial, socio-culturel et par cette formidable envie de faire son chemin tout en croquant la vie. Les jeunes comédiens, Quentin Dolmaire et Lou Roy-Lecollinet sont les révélations du film. Souhaitons-leur une belle carrière.

Trois souvenirs de ma jeunesse
Trois souvenirs de ma jeunesse
Trois souvenirs de ma jeunesse
Trois souvenirs de ma jeunesse

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Published by Ritournelle - - Cinéma

...L’art contemporain, la dissonance en musique, l’art non-figuratif en
peinture, va radicalement rompre avec l’harmonie des classiques. Au bout du chemin
et des parcours complexes et multiples, de la réaction romantique aux audaces de
Debussy, de Manet ou de Cézanne, de Pierre Boulez au nouveau roman d’Alain
Robbe-Grillet, l’artiste va briser tous les codes anciens, rompre avec la tradition,
innover sans cesse, en exprimant non plus la grâce du Cosmos, de Dieu, la vérité de
la nature ou le plaisir, mais sa personnalité profonde, ses tourments et ses joies
inconscients, les bas-fonds de son âme, ses pulsions primitives ou ses
représentations les plus personnelles et les plus subjectives du monde. Ce n’est plus
l’oeil ou l’oreille qui dicteront le travail expressif mais la recherche des lois intérieures
de l’artiste.
Comme en philosophie ou dans les sciences modernes, le penseur, le savant
ou le créateur déconstruit les cohérences et les harmonies supposées du monde. Ce
sera l’oeuvre des philosophes du soupçon, Nietzsche, Marx, Freud. Ce sera la
révolution de Darwin, celle de Planck, d’Einstein, de Bohr ou d’Heisenberg en
physique qui fait éclater la représentation scientifique d’un monde cohérent, stable et
équilibré depuis Newton. La linguistique, l’ethnologie ou la psychanalyse, dans les
sciences humaines, bouleverseront les approches classiques de la géographie, de
l’histoire, de l’économie ou de la sociologie. Dans tous les domaines, les critères
anciens de la représentation se craquèlent. Le doute s’installe face à « une image de
l’univers qui n’a guère évolué depuis près de trois siècles » comme l’écrit Christian
Delacampagne. C’est la naissance de la modernité.
En matière d’esthétique, cette modernité réunit les thèmes de la dissonance,
picturale ou musicale, du caractère révolutionnaire et hyperindividualisé de l’artiste
qui est par essence un solitaire, du moins au début de son chemin créatif.
L’innovation radicale d’aujourd’hui sera le consensus esthétique de demain. Le génie
isolé et incompris, car en avance sur les représentations courantes de son temps,
sera à un moment compris et célébré. Le risque de cette logique, dénoncé par
certains, est de verser dans l’innovation pour l’innovation. Au fond que la norme
commune, la tradition, devienne l’innovation pour l’innovation, bien à l’image de la
mutation permanente du capitalisme qui érige le changement en valeur suprême, ce
que Marx dénonçait par le fait que la bourgeoisie, pour survivre, doit sans cesses
révolutionner les modes de production. Analogies subtiles entre les conceptions du
beau et le système économique dominant. Le livre de Jacques Attali, « Bruits »,
publié en 1977, et sous-titré « Essai sur l’économie politique de la musique », est, en
l’espèce, prophétique.

Dans cette série sur les secousses civilisationnelles qui transforment
profondément notre rapport au monde, je donne quelques pistes éparses pour
entraîner l’agilité de l’esprit critique qui reste bien trop confiné dans les marges
restreintes de la pensée commune. Après cette approche philosophique de la
dimension esthétique de la culture – la culture au sens restreint de l’activité créatrice
du beau – je ne pouvais pas ne pas mentionner l’approche sociologique de la critique
sociale du goût de Pierre Bourdieu, même de manière pointilliste et caricaturale en
regard de la profondeur de l’ampleur des analyses de ce maître-penseur du XXème
siècle. Autre perspective. Autre angle d’approche. Autres enjeux.
Rappelons simplement, presque sous forme d’une évidence, que le jugement
culturel, par delà les grands mouvements de l’histoire de l’art que j’ai décrit plus haut,
dépend du capital scolaire et du poids de l’origine sociale. Les pratiques culturelles
ont une fonction « d’assignation statutaire », de classement, de catégorisation et de
hiérarchisation des individus en groupes sociaux, en classes sociales. Elles
légitiment le goût légitime, le goût moyen et le goût populaire par des stratégies de
distinction. Le goût c’est « le dégoût du goût des autres ». A suivre assurément.

Jean Cornil - Extrait de "Les avatars de l'esthétique" in Secousses civilisationnelles

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Published by Ritournelle - - Un peu de culture

Embrasement

Une aube affaiblie
Verse par les champs
La mélancolie
Des soleils couchants.
La mélancolie
Berce de doux chants
Mon coeur qui s'oublie
Aux soleils couchants.
Et d'étranges rêves
Comme des soleils
Couchants sur les grèves,
Fantômes vermeils,
Défilent sans trêves,
Défilent, pareils
À des grands soleils
Couchants sur les grèves.

Paul Verlaine (Poèmes saturniens)

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Il était un arbre...
                           
                           Il était une feuille avec ses lignes
                           Ligne de vie
                           Ligne de chance
                           Ligne de coeur
                           Il était une branche au bout de la feuille
                           Ligne fourchue signe de vie
                           Signe de chance
                           Signe de coeur
                           Il était un arbre au bout de la branche
                           Un arbre digne de vie
                           Digne de chance
                           Digne de coeur
                           Coeur gravé, percé, transpercé,
                           Un arbre que nul jamais ne vit.
                           Il était des racines au bout de l'arbre
                           Racines vignes de vie.
                           Vignes de chance
                           Vignes de coeur
                           Au bout des racines il était la terre
                           La terre tout court
                           La terre toute ronde
                           La terre toute seule au travers du ciel
                           La terre.

Robert Desnos

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Si Napoléon III est à l'origine de la notoriété de Biarritz en faisant construire pour son épouse Eugénie de Montijo une résidence d'été, devenue actuellement l'Hôtel du Palais, depuis la deuxième moitié du 19è siècle, la ville a attiré les personnalités en vue du moment et la période des années folles en est bien la preuve. L'aristocratie, le monde de l'art et du spectacle fréquentent la ville; l'architecture explose de toute part, on crée, on fait la fête...La crypte Sainte Eugénie propose une exposition jusqu'au 14 juin qui rassemble quelques témoignages de cette époque foisonnante, plans d'architectes, peintures, céramiques, créations diverses et le week-end des 6 et 7 juin des défilés en costume d'époque feront renaître l' ambiance joyeuse de ces années mémorables.
Voici quelques oeuvres d'Hélène Elissague, Etienne Vilotte, Simone Larrieu, Hubert Denis Etcheverry, René Buthaud, la poterie de Ciboure.

Biarritz et les années folles
Biarritz et les années folles
Biarritz et les années folles
Biarritz et les années folles
Biarritz et les années folles
Biarritz et les années folles
Biarritz et les années folles
Biarritz et les années folles
Biarritz et les années folles
Biarritz et les années folles

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Derrière la porte...

Ayant poussé la porte étroite qui chancelle,
Je me suis promené dans le petit jardin
Qu’éclairait doucement le soleil du matin,
Pailletant chaque fleur d’une humide étincelle.

Rien n’a changé. J’ai tout revu : l’humble tonnelle
De vigne folle avec les chaises de rotin…
Le jet d’eau fait toujours son murmure argentin
Et le vieux tremble sa plainte sempiternelle.

Les roses comme avant palpitent ; comme avant,
Les grands lys orgueilleux se balancent au vent,
Chaque alouette qui va et vient m’est connue.

Même j’ai retrouvé debout la Velléda,
Dont le plâtre s’écaille au bout de l’avenue,
- Grêle, parmi l’odeur fade du réséda.

Paul Verlaine, Poèmes saturniens

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On comprend que ce n'est possible qu'à la condition expresse d'échapper à l'ennui, de se libérer de l'alternative pernicieuse entre repos et divertissement. Cela exige de briser les habitudes, acquises depuis ce temps où l'on vous menait par la main à l'école. Celui qui est capable de vivre hors de la cité, disait Aristote, est un être dégradé ou surhumain, un animal ou un dieu. De fait, nos sociétés sont entièrement construites autour du travail.Le chômage ou l'inactivité sont des termes négatifs, désignant la privation d'emploi. Les rentiers sont parfois enviés mais le plus souvent décriés comme des parasites. Le week-end n'a de sens que comme récompense. Quant à la retraite, elle est le dimanche de la vie active. Ne pas travailler, c'est quitter ce quadrillage, c'est se retrouver à errer sans but un lundi matin ou encore se laisser surprendre par l'été, en ayant oublié que c'est la période des vacances. Quiconque sort du mode d'interaction sociale dominant risque de se trouver confiné dans une sphère domestique sans rapport avec l'extérieur. Et puis, il faut accepter d'être toisé de travers par les gens qui bossent, au bureau de tabac, et jusque dans les repas de famille. Ainsi, on ne peut être heureux sans travailler que si l'on cesse de se référer à la loi sociale sans se sentir coupable. Un déconditionnement intégral et indispensable. Nul roman ne le raconte mieux que Vendredi ou les limbes du Pacifique de Michel Tournier. Durant ses premières années sur l'île de Speranza, Robinson mobilise les artifices de la civilisation pour ne pas se laisser engloutir par la solitude et la folie. Il compte les jours à l'aide d'encoches sur un tronc; il institue le repos dominical durant lequel il revêt ses plus beaux atours et passe le reste de la semaine à marner dans ses cultures et ses élevages, et bien sûr, il édifie une forteresse. Ce simulacre d'ordre explose le jour où Vendredi met par inadvertance le feu à une réserve de poudre. Voilà la demeure de Robinson anéantie. Après cette catastrophe, le héros entre dans une autre dimension du temps, qui n'est plus arraisonnée.
"La liberté de Vendredi - à laquelle Robinson commence à s'initier les jours suivants -n'était pas que la négation de l'ordre effacé de la surface de l'île par l'explosion...Vendredi ne travaillait, à proprement parler, jamais. Il passait des jours entiers dans un hamac de lianes tressées qu'il avait tendu entre deux poivriers, et au fond duquel il abattait parfois à la sarbacane les oiseaux qui venaient se poser sur les branches, trompés par son immobilité" . Rééduqué à la vie sauvage par Vendredi, Robinson devient un chasseur-cueilleur. Il se sustente des fruits et des animaux que lui prodigue la nature. Il ne travaille plus, mais joue souvent. Il règle ses mouvements sur l'apparition et la disparition du soleil. Il est rendu à la présence élémentaire des choses. et c'est bien dans cette relation de proximité, tour à tour animale et divine avec la nature, qu'il goûte les bonheurs de ne rien faire.
En somme, pour ne pas travailler et être heureux, il faut être capable de claquer la porte de la civilisation.

Alexandre Lacroix - Extrait du dossier Peut-on être heureux sans travailler- Philosophie magazine n° mai 2015

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Published by Ritournelle - - Un peu de culture

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Mes photos, mes coups de coeur en littérature et au ciné, les auteurs et artistes que j'admire,mes productions personnelles et une pincée d'humour...

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