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Le blog de Ritournelle

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Automne (2)
Automne (2)

C'est l'heure exquise et matinale
Que rougit un soleil soudain.
A travers la brume automnale
Tombent les feuilles du jardin.

Leur chute est lente. On peut les suivre

Du regard en reconnaissant
Le chêne à sa feuille de cuivre,
L'érable à sa feuille de sang.

Les dernières, les plus rouillées,
Tombent des branches dépouillées;
Mais ce n'est pas l'hiver encore.

Une blonde lumière arrose
La nature, et, dans l'air tout rose,
On croirait qu'il neige de l'or.

François Coppée - Matin d'octobre

 

Automne (2)
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Pourquoi est-ce important d'avoir des amis?


-1ère réponse : parce que nos amis nous rendent meilleurs

-2ème réponse : parce qu'ils nous autorisent à être ce que nous sommes.
.
La première est inspirée d'Aristote : dans l'Ethique à Nicomaque, il fait de l'amitié une occasion d'actualisation de son talent personnel. Si la relation que j'ai avec un ami me permet de développer des dispositions qui, sans lui, seraient restées "en puissance", alors cet ami est bien l'ami de la vie en moi : il me permet de grandir, de "m'agrandir". Inutile d'ailleurs que ce soit son but, qu'il soit parfaitement bienveillant, l'essentiel est que je me développe à son contact. Cette réponse se heurte d'ailleurs à une évidence bien agréable : en présence de nos amis, nous aimons aussi ne pas nous "développer" et être tout entiers ce que nous sommes dans nos imperfections, nos paradoxes, voire nos contradictions.
Enfin, nous cessons de vouloir séduire, nous avons moins peur du ridicule, nous osons défendre des idées limites, tester des hypothèses hasardeuses.
Les deux réponses, paradoxales au premier abord, se complètent en fait : car cet abandon relatif, rendu possible par la bienveillance de l'ami, va nous aider à nous rapprocher de nous-mêmes, et parfois même à nous découvrir autres. Cette autorisation à être ce que nous sommes nous permettra précisément de devenir meilleurs, plus singuliers et conscients de nous-mêmes. Peut-être qu'il y a aussi dans l'amitié cette admiration de la singularité de l'autre qui nous donne envie de développer la nôtre. Nietzsche parlait "d'amitiés stellaires" pour dire combien une étoile peut en inspirer une autre, combien une singularité peut être un pont tendu vers une autre singularité. Nous sommes parfois tentés d'imiter nos amis, mais le jour où nous comprenons que c'est leur singularité que nous admirons, nous ne pouvons plus les imiter : voici venu le temps de devenir "soi-même".
En présence de nos amis, nous nous sentons uniques. Grâce à eux, nous devenons singuliers. Et puis, nous nous parlons : nous parlons à nos amis pour savoir ce que nous pensons, pour partager joies et peines. Nous parlons et c'est ainsi que nous entretenons ce lien, tellement plus réel qu'un principe abstrait, tellement plus chaleureux qu'une grande idée.
Avez-vous remarqué? L'amitié, à la différence du respect de tous ou de l'amour du prochain, est très rarement érigée en principe. Elle est réelle pourtant, si douce, si naturelle au fond. A croire que les civilisations n'érigent en principe - en "tu dois" - que ce qui est contre-nature.
C.Pépin - Philosophie magazine n° novembre 2015

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Published by Ritournelle - - Un peu de culture

Automne (1)

Les matins sont plus doux,

Les noix brunissent,

La joue des baies se fait plus ronde,

La rose est en voyage.

L'érable porte un foulard plus joyeux,

Et la prairie une robe écarlate.

Pour ne pas être démodée,

Je mettrai un bijou.
Emilie Dickinson

 

Automne (1)
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Illusion

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La dictée qui rend fou !


Cette dictée est incroyable mais vraie. Ne manquez pas de la lire, c'est surprenant. On dira après que le français n'est pas compliqué ! Ce petit texte, que je vous laisse savourer est une dictée trouvée dans un vieil almanach :
"Monsieur Lamère a épousé Mademoiselle Lepère. De ce mariage, est né un fils aux yeux pers*. (*pers = entre vert et bleu). Monsieur est le père, Madame est la mère. Les deux font la paire. Le père, quoique père, est resté Lamère, mais la mère, avant d'être Lamère était Lepère.
Le père est donc le père sans être Lepère, puisqu'il est Lamère et la mère est Lamère, bien que née Lepère. Aucun des deux n'est maire. N'étant ni le maire ni la mère, le père ne commet donc pas d'impair en signant Lamère.
Le fils aux yeux pers de Lepère deviendra maire. Il sera le maire Lamère, aux yeux pers, fils de Monsieur Lamère, son père, et de Mademoiselle Lepère, sa mère.
La mère du maire meurt et Lamère, père du maire, la perd. Aux obsèques, le père de la mère du maire, le grand-père Lepère, vient du bord de mer et marche de pair avec le maire Lamère, son petit-fils. Les amis du maire, venus pour la mère, cherchent les Lamère, ne trouvent que le maire et Lepère, père de la mère du maire, venu de la mer, et chacun s'y perd !"

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Comme tous les ans, elle a lieu le dernier week-end d'octobre et propose différentes animations. Pour ceux qui ne connaissent pas, ne pas hésiter à y faire un tour pour l'ambiance et la déco des maisons avec leurs guirlandes de piments sur les façades.
Programme complet sur ce lien :

Et pour ceux que ça intéresse, voici un petit historique de cette plante qui agrémente différents plats :

C'est le navigateur Juan Sebastian Elcano, originaire du petit port basque espagnol de Getaria qui a fait rapporté cette plante d'Amérique du sud au XVIè siècle. Au début, elle est ulilisée en médecine puis remplace progressivement en cuisine le poivre noir pour conserver les viandes. On la cultive à Espelette à partir de 1650. Pierre Loti dans Ramuntcho en fait une très belle description :

"Les maisons émergeaient çà et là des arbres. Et partout sur leurs balcons de bois séchaient les citrouilles jaune d'or, les gerbes de haricots roses ; partout sur leurs murs s'étageaient comme de beaux chapelets de corail, des guirlandes de piments rouges! Toutes ces choses du vieux sol nourricier, amassées ainsi, suivant l'usage millénaire, en prévision des mois assombris où la chaleur s'en va."

Fête du piment à Espelette ce week-end

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Boussole - Mathias Enard

Il est difficile de parler de ce roman qui a marqué la rentrée littéraire, tant il est dense, érudit.
Mathias Enard est un homme de voyages, il s'est imprégné de beaucoup de cultures, celles du sud et de l'Orient. Il confie au personnage principal de son livre, Franz Ritter, la mission d'évoquer avec délice ce"bouillon de culture". Lors d'une nuit d'insomnie, ce musicologue viennois, est en proie à l'angoisse de la maladie ; dans l'attente de résultats médicaux, il se remémore tous les chemins qui l'ont conduit vers l'Orient et aussi vers Sarah, cette jeune archéologue avec qui il a partagé de nombreuses émotions en Syrie, Irak, Iran, émotions d'autant plus fortes qu'elles ne peuvent se renouveler aujourd'hui pour deux raisons : la situation dans ces pays est désastreuse et Sarah s'est éloignée. C'est un peu comme si son amour déçu était l'image-même de cet Orient qu'il aime tant, mais n'est plus en capacité de l'accueillir.
Que va-ton chercher en Orient? Pour l'aventurière Anne-Marie Schwartzenbach , "c'est une quête psychologique, une recherche mystique sans dieu, sans transcendance autre que les tréfonds du soi." Comme l'affirme Franz, c'est en premier lieu la quête de soi à travers l'autre qui attire le voyageur :"L'exploration avide d'autrui ouvre les remparts du soi."
Et nombreux ont été ceux dont la boussole s'est orientée vers l'Est : aventuriers, écrivains, musiciens.: « Tous ces grands hommes, affirme-t-il, utilisent ce qui leur vient de l'Autre pour modifier le Soi, pour l'abâtardir, car le génie veut la bâtardise, l'utilisation de procédés extérieurs pour ébranler la dictature du chant d'église et de l'harmonie. »
L'Orient, c'est aussi l'énigme de la religion à travers cet appel à la prière : Allah Akbar :
"Il fallait que je parte, il fallait que je découvre ce qu'il y avait derrière ce voile, l'origine de ce chant." Et devant la violence d'aujourd'hui, Franz n'est plus que déchirement devant le terrorisme aveugle de l'extrêmisme qui dévie les vraies valeurs et brise les souvenirs:
« …impossible, à Paris en 1999, devant une coupe de champagne, de s’imaginer que la Syrie allait être dévastée par la pire violence, que le souk d’Alep allait brûler, le minaret de la mosquée des Omeyyades s’effondrer, tant d’amis mourir ou être contraints à l’exil ; impossible même aujourd’hui d’imaginer l’ampleur de ces dégâts, l’envergure de cette douleur depuis un appartement viennois confortable et silencieux. ».
"Il est étrange de penser qu'aujourd'hui en Europe, on pose si facilement le nom de "musulman" sur tous ceux qui portent un patronyme d'origine arabe ou turc : la violence des identités imposées."
On se laisse emporter dans l'Histoire et dans le temps à la rencontre de ceux qui ont été fascinés par l'Orient : Flaubert, Goethe, Rimbaud, Mozart, Liszt et tant d'autres, comme cette aventurière bayonnaise, Marga d'Andurain, qui tint à Palmyre, de 1927 à 1936, un hôtel qu'elle appela Zénobie en hommage à la reine du 3è siècle. Pour cette femme, l'Orient était symbole de sexualité et de violence. Cependant la violence, a été aussi celle des archéologues européens, qui parallèlement à leur soif de connaissance, pratiquaient des pillages.
Boussole est le livre d'une passion, un vibrant hommage à cet Orient, objet de tous les fantasmes et source d'inspiration, qui hélas, vit actuellement des épisodes douloureux, mais qui ne doivent pas cacher l'espoir, la lumière du soleil qui se lève à l'Est:
« …il faut tout voir à travers les bésicles de l’espoir, chérir l’autre en soi, le reconnaître, aimer ce chant qui est tous les chants, depuis les Chants de l’aube des trouvères, de Schumann et tous les ghazals de la création, on est toujours surpris par ce qui toujours vient, la réponse du temps, la souffrance, la compassion et la mort ; le jour, qui n’en finit pas de se lever ; l’Orient des lumières, l’Est, la direction de la boussole et de l’Archange empourpré, on est surpris par le marbre du Monde veiné de souffrances et d’amour, au point du jour, allez, il n’y a pas de honte à se laisser aller aux sentiments … et au tiède soleil de l’espérance."
Un très beau livre, à déguster lentement et à conserver dans sa bibliothèque!

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Published by Ritournelle - - Littérature

Ce film qui sera diffusé dans les salles à partir du 2 décembre a été présenté en avant-première à Bayonne avec ses auteurs, Cyril Dion et Mélanie Laurent. Conscients de l'avenir sombre de cette planète, avec les différentes crises auxquelles elle doit faire face, tous deux ont parcouru le monde pour récolter des solutions au "vivre mieux" dans le domaine de l'agriculture, de l'énergie, de l'économie, l'éducation...Leur documentaire reprend tout un tas d'initiatives déjà testées et qui fonctionnent bien. La genèse et le détail du projet se trouvent sur le site :

Une belle initiative pour préparer notre futur.
Allez voir ce film ,nécessaire pour prendre un peu de recul sur nos petites existences!!!

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Cette garantie de qualité que l'on retrouve dans certains restaurants italiens touche une autre forme de commerce, un lieu qui est à la fois épicerie, restaurant et centre culturel. On peut donc y faire ses achats ou déguster sur place dans un décor design où tout est fait pour séduire les papilles. A Milan, il a pris la place de l'ancien théâtre près de la gare Garibaldi; l'expo universelle propose un stand avec les spécialités de toutes les régions italiennes.
Et c'est en 2018 dans le Marais que s'ouvrira la première succursale française d'Eataly.

Un nouveau concept de slow food : Eataly
Une déco pour célébrer la Fiat 500, icône italienne!

Une déco pour célébrer la Fiat 500, icône italienne!

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La rivière endormie

Dans son sommeil glissant l'eau se suscite un songe
un chuchotis de joncs de roseaux d'herbes lentes
et ne sait jamais bien dans son dormant mélange
où le bougeant de l'eau cède au calme des plantes

La rivière engourdie par l'odeur de la menthe
dans les draps de son lit se retourne et se coule
Mêlant ses mortes eux à sa chanson coulante
elle est celle qu'elle est surprise d'être une autre

L'eau qui dort se réveille absente de son flot
écarte de ses bras les lianes qui la lient
déjouant la verdure et l'incessant complot
qu'ourdissent dans son flux les algues alanguies.

Claude Roy

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Mes photos, mes coups de coeur en littérature et au ciné, les auteurs et artistes que j'admire,mes productions personnelles et une pincée d'humour...

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