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Le blog de Ritournelle

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Une vie de chat

Quand on est chat on est pas vache
on ne regarde pas passer les trains
en mâchant des pâquerettes avec entrain
on reste derrière ses moustaches
(quand on est chat, on est chat)
Quand on est chat on est pas chien
on ne lèche pas les vilains moches
parce qu'ils ont du sucre plein les poches
on ne brûle pas d'amour pour son prochain
(quand on est chat, on est pas chien)
On passe l'hiver sur le radiateur
à se chauffer doucement la fourrure
au printemps on monte sur les toits
pour faire taire les sales oiseaux
On est celui qui s'en va tout seul
et pour qui tous les chemins se valent
(quand on est chat, on est chat).
 

Jacques Roubaud

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Hommages...
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Péché mignon

Tu as des souvenirs en chocolat
Gravés sur les murs de ton palais
Et tes papilles s'éparpillent
A courir après ces goûts-là

Tartines tartinées et biscuits enrobés
Mousse crémeuse de fin de repas
Carrés cassés aux coins croqués
Bol de lait chaud cacaoté

Tu as des souvenirs en chocolat
Gravés sur les murs de ton palais
Et tu salives à l'idée
D'en retrouver le velouté

Olivier Ka



 

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L'université de Rebibbia - Goliarda Sapienza

Goliarda Sapienza, figure majeure de la littérature italienne, décédée en 1996, a eu une vie hors norme. Militante, féministe, comédienne, intellectuelle, elle a gravité dans plusieurs milieux qui ont forgé sa personnalité. En tant que femme libre, elle a connu des périodes difficiles, que ce soit pour assurer son quotidien, faire entendre ses convictions ou être reconnue en tant qu'écrivaine.
C'est dans l'une de ces périodes, après le refus des éditeurs de publier son autobiographie, L'art de la joie (critique dans ce blog) qu'elle sombre dans un profond désespoir, d'autant que le pays connaît un climat de guerre civile avec les Brigades rouges. Elle dérobe des bijoux à l'une de ses amies, ce qui lui vaut d'être incarcérée pendant l'année 1980 dans la prison de Rebibbia à Rome, le plus grand pénitencier pour femmes en Italie.
Ce court livre est donc le récit de cette parenthèse particulière dans la vie de Goliarda. Elle nous fait pénétrer dans un univers qu'elle refuse dans un premier temps. En s'isolant dans sa cellule, elle se replie sur elle-même, mais peu à peu décide de capter les moindres signes qui lui arrivent : ce sont des bruits, des odeurs, elle laisse ses sens percevoir l'inconnu, imaginer. Puis ce "théâtre underground" se dévoile au fur et à mesure avec ses codes, ses personnages si différents où les prostituées côtoient les droguées, les militantes politiques: toutes sont le reflet de la société :
"Je voulais seulement, en entrant ici, prendre le pouls de notre pays, savoir où en sont les choses. La prison a toujours été et sera toujours la fièvre qui révèle la maladie du corps social.".
Le point commun entre toutes ces existences, c'est l'exclusion, qui laisse des traces indélébiles :
"...Aucune télévision ou radio installée dans chaque cellule ne peut effacer l'horreur d'être expulsé de la société humaine et laissé à moisir dans ces lieux que dehors on croit conçus seulement pour quelques repris de justice et que, quand on est dedans on découvre être de vraies grands villes..."
Dans ce monde clos, s'installent des rivalités, de la violence, mais aussi des amitiés, à tel point que certaines se créent un lien affectif que "dehors" elles ne connaissent pas, et pour cette raison, une fois leur peine purgée, elles font tout pour revenir dans ce cocon. Goliarda apprécie les discussions avec les militantes ou avec des jeunes voisines de cellule abîmées très tôt par la vie, elle observe, analyse, donne et reçoit de l'affection, réapprend à vivre au contact de ces êtres de solitude :
"...Moi aussi, maintenant, j'ai tellement hâte de sortir parce que ça fait un an que je suis dedans, mais au bout de deux ou trois mois de liberté dans l'anonymat - liberté qui a pour seul avantage qu'on vous laisse mourir seul - je sais que me reprendra les désir d'ici. Il n'y a pas de vie sans communauté, on le sait bien : ici, on en a la contre-épreuve, il n'y a pas de vie sans le miroir des autres..."
Ce livre interpelle, il est une magnifique leçon de vie écrite avec sensibilité et sobriété.

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Premiers frissons de l'hiver

Que j'aime le premier frisson de l'hiver! le chaume,
Sous le pied du chasseur, refusant de ployer!
Qand vient la pie aux champs que le foin vert embaume,
Au fond du vieux château s'éveille le foyer;

C'est le temps de la ville. Oh!lorsque l'an dernier,
J'y revins, que je vis ce bon Louvre et son dôme,
Paris et sa fumée, et tout ce beau royaume
(J'entends encore au vent les postillons crier),

Que j'aimais ce temps gris, ces passants, et la Seine
Sous ses mille falots assise en souveraine!
J'allais revoir l'hiver-Et toi, ma vie, et toi!

Oh! dans tes longs regards j'allais tremper mon âme;
Je saluais tes murs.-Car, qui m'eût dit, madame,
que votre coeur si tôt avait changé pour moi?

Alfred de Musset
 

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Vide ateliers à Biarritz les 27, 28 et 29 novembre

Deux modes d'expression différents que vous pourrez découvrir ce week-end à Biarritz . Nous aurons plaisir à vous accueillir et à échanger avec vous, 9 rue Gardague. Plus de détails sur cette manifestation à l'adresse suivante :

http://publikart.net/vide-ateliers-a-biarritz/

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Le parfum des roses

Je veux m’endormir dans le parfum des roses fanées, des sachets vieillis, des encens lointains et oubliés. –
Dans tous les chers et charmeurs parfums d’autrefois. –
Mes souvenirs chanteront sur des rythmes doux, et me berceront sans réveiller les regrets.
Tandis que le morne et spleenétique hiver pleure sur la terre inconsolée,
Et que le vent hurle comme un fou,
Tordant brutalement les membres grêles des ormes et des peupliers,
Je veux m’endormir dans le parfum des roses fanées,
Des sachets vieillis, des encens lointains et oubliés.
Et les rythmes et les parfums se confondront en une subtile et unique symphonie;
Les roses fanées se lèveront superbes et éclatantes,
Chantant avec leurs lèvres rouges les vieilles chansons aimées;
Elles s’enlaceront aux pâles jasmins et aux nénuphars couleur de lune;
Et je verrai passer leurs ombres miroitantes, comme en une ronde des robes de jeunes filles.
Les clochettes des liserons chanteront avec leurs parfums amers – les mortelles voluptés;
La violette à la robe de veuve dira les tendresses mystiques et les chères douleurs à jamais ignorées;
L’héliotrope avec son parfum vieillot et sa couleur défraîchie, fredonnera des gavottes, ressuscitant les belles dames poudrées qui danseront avec des mouvements lents et gracieux.
Musc minuscule et compliqué comme une arabesque,
Scabieuse, – reine des tristesses,
Opoponax dépravé comme une phrase de Chopin,
Muguet, – hymne à la gloire des séraphiques fraîcheurs,
La myrrhe solennelle, le mystérieux santal,
L’odeur du foin coupé, – sereine et splendide comme un soleil couchant,
Iris où pleurs l’âme des eaux dormantes,
Lilas aux subtils opiums,
L’amoureuse vanille et le chaud ambre gris
S’uniront en des accords grondants et berceurs – comme les orgues et comme les violons
Évoquant les visions cruelles et douces
Les extases évanouies, – les valses mortes, – les cassolettes éteintes et les lunes disparues.
Tandis que le morne et spleenétique hiver pleure sur la terre inconsolée;
Et que le vent hurle comme un fou, tordant brutalement les membres grêles des ormes et des peupliers,
Je veux m’endormir dans le parfum des roses fanées, des sachets vieillis, des encens lointains et oubliés.

Marie Krysinska, Rythmes pittoresques

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"...Ce sont les peuples "arabes" qui dans le monde accusent le plus grand retard dans leur évolution. Toutes les propositions de la modernité sur tous les plans (philosophiques, politiques, scientifiques, culturelles) ont été refusées ou reçues avec suspicion par les pouvoirs de ces pays, qui continuent de pratiquer les mêmes immuables interdits, ressasser les mêmes vieilles aspirations, accorder le même crédit aux énoncés de la tradition, bref, de vivre dans le passé, un passé mythifié, sacralisé, figé à jamais. Rien ne doit changer dans leur environnement pour éviter la nouveauté et ses interpellations qui ébranlent les certitudes et détournent de la voie islamique. Pour de très larges pans des sociétés arabes, l'univers mental est celui des premiers temps de l'Islam, d'où la facilité avec laquelle le discours islamiste prend sur elles..."

"...La religion n'a jamais servi qu'à cela, subjuguer les peuples et les mettre au service du roi, représentant autoproclamé de Dieu sur terre et protecteur de l'Église. Dès lors qu'on lui retire cette fonction, elle s'effondre et Dieu libéré devient un sujet relevant de la science et de la philosophie. En Europe, la laïcité n'a pas fait que séparer l'État et l'Église, elle a signé la fin de l'Église. En terres d'islam, il s'est produit l'inverse : la mosquée a détrôné l'État, balayé les rois et pris tout le pouvoir. Demain, elle chassera Allah et réalisera cette chose impossible, elle sera Allah.
Boualem Sansal

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FRESQUE DE HOPARE - QUAI DE LESSEPS à BAYONNE

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Rêves d'enfants...
Rêves d'enfants...
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Le blog de Ritournelle

Mes photos, mes coups de coeur en littérature et au ciné, les auteurs et artistes que j'admire,mes productions personnelles et une pincée d'humour...

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