Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Le blog de Ritournelle

1 2 3 > >>
Intimité

Rentre dans ta chambre d’où l’on
voit vivre les mille fenêtres,
laisse la palme des saisons
se dessécher, pourrir, renaître,
pour posséder, il suffit d’être,
enferme-toi dans ta maison.

Henri THOMAS - Signe de vie

Voir les commentaires

Published by Ritournelle - - Photo

Love and friendship

Whit Stillman a adapté le premier roman de Jane Austen, Lady Susan, écrit sous la forme épistolaire alors qu'elle avait 18 ans, en 1790. L'intrigue se situe dans la haute aristocratie anglaise . Susan Vernon est une jeune veuve , mère d'une fille de 17 ans. Sa fortune s'épuisant, elle cherche dans son milieu celui qui pourra lui assurer un certain confort, ainsi qu'à sa fille. Belle et très manipulatrice, elle « aime avoir le plaisir de triompher sur un esprit préparé à [la] détester, et prévenu contre toutes [ses]actions passées », comme elle le dit elle-même.
Acueillie dans la famille de son défunt mari, elle ne tarde pas à séduire le charmant Reginald, frère de sa belle-soeur, tout en ayant une liaison avec Mr Manwaring, le charmant époux d'une femme insignifiante mais très riche. Elle prévoit de caser sa fille avec Sir James Martin, un aristocrate riche et stupide. Mais la complicité de sa fidèle amie Alicia va faire que les événements vont prendre une autre tournure...
On retrouve donc dans ce film les thèmes chers à Jane Austen, à savoir que le statut social de la femme passe inévitablement par le mariage et que l'argent prime sur les sentiments.
Dans cette comédie au rythme très enlevé, le cinéaste accuse encore le trait en faisant de Lady Susan un personnage envoûtant, presque diabolique, prête à tout pour assurer son avenir. Le ton est caustique, mordant, pour dénoncer l'hypocrisie d'une société qui n'a de romantique que son apparence. Film élégant, raffiné, qui brosse le portrait d'un époque mais qui au fond, porte des valeurs universelles . Il y a toujours des Lady Susan de par le monde, seul leur costume change...
Un beau cadeau pour la fête du cinéma!

Love and friendship
Love and friendship
Love and friendship
Love and friendship

Voir les commentaires

Published by Ritournelle - - Cinéma

A marée basse

Aujourd'hui, c'est marée basse! Ni chants de sirènes, ni tempêtes sublimes : nous ne recueillons sur la plage lessivée que les embruns salés des vagues et ce butin maigre de bois flottés, de coquilles et de morceaux de verre que le profond silence des mers avec parcimonie nous octroie.

                                                            Jean- Michel MAULPOIX

A marée basse
A marée basse

Voir les commentaires

Published by Ritournelle - - Photo

J'invite ceux qui ne connaissent pas ce lieu magique situé à St Laurent de Gosse, près de Urt, à s'inscrire assez tôt lors des portes ouvertes de juin et d'octobre afin de découvrir la création originale d'un couple passionné d'art, où les grands artistes de ce temps ont laissé une trace.
Un détail des oeuvres se trouve dans mes articles d'octobre : La petite escalère (1), (2).

Toutes les infos sur le site : http://lpe-jardin.org/

FREDERICA MATTA - LA MAISON DES ENFANTS, 1994

FREDERICA MATTA - LA MAISON DES ENFANTS, 1994

NIKI DE ST PHALLE - NANA, 1967

NIKI DE ST PHALLE - NANA, 1967

OTTO FRIED - ESPRIT DE LA FORET, 1995

OTTO FRIED - ESPRIT DE LA FORET, 1995

FERNAND LEGER - LE TOURNESOL, 1952

FERNAND LEGER - LE TOURNESOL, 1952

Voir les commentaires

Published by Ritournelle - - Art

La jeune épouse - Alessandro Baricco

La jeune épouse a 18 ans. Comme convenu quelques années auparavant entre sa famille et celle de son promis, le jour de son anniversaire, elle arrive d'Argentine pour se marier avec un jeune homme d'une riche famille italienne, et dont la "personnalité insolite" l'a tout de suite séduite. Lorsqu'elle se présente, personne ne l'attend et son prétendant est parti en Angleterre pour étudier le commerce local. Malgré tout, elle décide de rester. Sa surprise est grande quand elle découvre peu à peu les bizarreries de chaque membre de la famille avec ses rituels renouvelés chaque jour; même les domestiques ont leurs codes. La jeune épouse les observe dans leur quotidien où le petit déjeuner, pour lequel de nombreux invités sont réunis, traîne jusqu'en milieu d'après-midi. L'attente du retour de son promis est longue. Pour signifier qu'il n'oublie pas sa famille, celui-ci envoie périodiquement d'Angleterre des objets incongrus.
Et pendant ce temps, pour tromper l'attente, chaque membre de la famille va se charger de l'éducation de la jeune femme.Il s'agit surtout d'une initiation aux plaisirs de la chair par la fille handicapée, la mère, femme belle et distante, le père, victime d'une "inexactitude du coeur" .
Parallèlement à cette histoire familiale étonnante, Baricco intègre une réflexion sur la création littéraire. Si dans cette famille, les livres sont interdits, c'est parce que "tout est déjà dans la vie, si l'on prend la peine de l'écouter, et les livres nous distraient inutilement de cette tâche". Mais la jeune épouse a dans ses bagages un livre, celui qui résume tous les autres : "Don Quichotte"... Et peut-être que la lecture lui donne la capacité de révéler à chaque membre de la famille sa véritable identité. "Pourquoi tant de sexe dans cette histoire?" fait-il dire à l'une de ses lectrices dans un dialogue improvisé. Parce que décrire le sexe est la chose la plus difficile selon l'auteur. On comprend que Baricco s'est lancé un défi, celui de la liberté d'écriture, et qu'il s'est amusé à brouiller les pistes dans cette trame complexe : d'une part, l'étrangeté est partout, d'autre part le narrateur est tantôt un personnage, tantôt l'auteur.
Je dois dire que ce roman n'est pas pour moi le meilleur de cet auteur dont j'apprécie l'élégance du style et l'originalité de l'inspiration. Ici, il me semble qu'il est allé trop loin dans la recherche de la fantaisie, dans tout ce qui donne libre cours à son écriture . La note surréaliste est poussée à l'extrême; on est un peu déstabilisé par cet univers déjanté, par la loufoquerie de ce "temps suspendu", par les digressions entre réalité et fiction. Cependant, il reste l'intérêt d'un style toujours soigné, élégant, d'une démarche déjà entamée dans son précédent livre "Mr Gwyn", celle du métier d'écrivain :
"Le fait est que certains écrivent des livres et que d’autres les lisent : Dieu seul sait qui est le mieux placé pour y comprendre quelque chose."

"On écrit de cette façon comme on pourrait faire l’amour à une femme par une nuit sans lune et dans les ténèbres les plus profondes et donc sans jamais la voir."

Voir les commentaires

Published by Ritournelle - - Littérature

Qui va gagner?

Voir les commentaires

Published by Ritournelle - - Humour

Juin, le mois des épreuves...

Voir les commentaires

Published by Ritournelle - - Photo

Bienvenue à l'été!

Voir les commentaires

Published by Ritournelle - - Photo

Folles de joie

Cette folie-douce ("La pazza gioia" en italien) c'est celle de Beatrice et Donatella, deux pensionnaires d'un hôpital psychiatrique qui , après s'être liées d'amitié, décident de fuir le quotidien de cet univers parfois étouffant pour aller profiter de ce que l'enfermement leur refuse. Lors d'une sortie autorisée, elles s'échappent du groupe pour vivre leur aventure au volant d'un cabriolet dérobé à un grossier personnage. Ce road movie les mène à des situations inattendues, des retours sur le passé, des rires, des pleurs...Leurs personnalités contrastées, l'une gaie, exhubérante, mythomane et l'autre toute en retenue, fragilité, souffrance, font que leur comportements s'équilibrent; toutes deux vivent des moments forts aussi bien dans la joie que dans la douleur. Ce sont des femmes qui se battent pour se sortir de leur situation ; elles se savent différentes, mais méritent leur part de bonheur. Elles sont solidaires, font des projets.
Dans cette comédie de Paolo Virzi très bien rythmée, on ne peut qu'applaudir la performance des actrices, surtout celle de Valeria Bruni-Tedeschi qui donne une incroyable énergie à son personnage et porte le film. Pas de caricature pour aborder ce sujet sensible de l'internement auquel les italiens se sont intéressés dès les années 70. On passe du rire à l'émotion et l'on se dit que la frontière entre normalité et différence est parfois très ténue.

Folles de joie
Folles de joie
Folles de joie

Voir les commentaires

Published by Ritournelle - - Cinéma

- Marcel Gauchet :
On considère souvent la philosophie aujourd'hui comme une spiritualité de substitution à la religion. De fait, l'individu contemporain inscrit spontanément son existence dans un environnement spirituel. Il se passionne pour la psychologie, la psychothérapie, la psychanalyse. Il est également convaincu d'une certaine profondeur de l'existence personnelle. Toutes les enquêtes sur le sujet montrent que la croyance en l'immortalité survit, même lorsque les convictions religieuses ont disparu. Il ne s'agit pas de l'immortalité de l'âme dans un sens rigoureusement théologique. On croit à la fois à l'immortalité personnelle et à la dépersonnalisation dans un cosmos océanique. En un mot, l'individu se perçoit comme un être doté d'une dimension spirituelle mystérieuse. Aussi est-il porté à se bricoler une religion à la carte, mêlant un peu de bouddhisme, de christianisme, voire de paganisme. Par ailleurs, cette préoccupation rejoint la recherche désespérée et nostalgique d'une harmonie cosmique. Cette quête se branche sur la sensibilité écologique actuelle.Même si cette dernière demeure intellectuellement matérialiste, elle l'ouvre sur une dimension transcendante. Le sentiment d'une nature qui se perd et s'éloigne prend aisément une portée spirituelle. Derrière la question écologique se profile une interrogation métaphysique . Nous avons voulu définir une humanité détachée de tout, jouissant de son espace propre. Mais quel statut alors accorder à la nature? Comment l'homme s'inscrit-il dans le cosmos? Sommes-nous le produit hasardeux d'un protozoaire qui a mal tourné? C'est possible, mais il y a peut-être autre chose. La religiosité de la nature, la recherche d'un accord avec la nature est un bas bruit spirituel de notre époque. Tout ceci ne prend pas la forme d'une grande entreprise intellectuelle et ne possède pas nécessairement l'exigence nécessaire pour s'élever à cette hauteur. Mais c'est une sensibilité trè prégnante.

- Rémi Brague :
Je ne suis pas un grand lecteur d'Auguste Comte, le fondateur du positivisme, qui soutenait la disparition progressive des religions et leur remplacement par la science. Mais il faut se rappeler qu'à la fin de sa vie, après avoir créé un culte au"grand être", à l'humanité, il y avait ajouté le culte du "grand fétiche", c'est à dire de la Terre. Il avait pressenti ce besoin d'une religiosité de la nature.

......

- Marcel Gauchet:
Finalement, pour apprécier notre situation intellectuelle et spirituelle par rapport au grand mouvement de sortie de la religion, il faut comprendre que nous nous situons dans un moment intermédiaire. Au stade où nous en sommes, ni la religion ni la philosophie n'ont tout à fait trouvé leur nouvelle place. Notre sortie d'un monde dirigé par la religion s'est accompagné de l'idée suivant laquelle les questions dont vivaient les religions allaient disparaître. Il suffisait, pensait-on, de leur apporter des réponses institutionnelles et pratiques. Or nous éprouvons aujourd'hui une désillusion par rapport à ce projet d'émancipation définitive. Les questions qui portaient les religions sont en train de renaître autrement, dans d'autres formes, sous d'autres biais : la question de la conduite de sa vie, mais aussi celle , très sensible, de notre coexistence, ce que l'on appelle aujourd'hui le "vivre ensemble", ou encore la question écologique. Toutes ces questions renaissent. Et nul ne sait quelle forme va prendre la manière d'y répondre. Nous allons retrouver une situation, qui s'était déjà esquissée au XVIII ème siècle, de partage des tâches entre le religieux et la philosophie - et non plus d'exclusion du religieux. La philosophie critique reconnaît ses propres limites et n'empêche pas la religion d'apporter des réponses. Pour les uns, le suspens philosophique suffit, pour d'autres, le besoin de croire est le plus fort. Notre chance est d'avoir dépassé l'affrontement entre le principe d'autorité dogmatique et le principe de liberté de l'esprit. Nous allons enfin sortir de l'enfance et pouvoir envisager un rapport non polémique entre religion et philosophie. Le XXI ème siècle sera celui de la revitalisation et de la mise en forme rigoureuse des interrogations que nous avions crues trop vite derrière nous.


- Rémi Brague :
Et ce n'est pas la science qui nous débarrassera des grandes questions de l'existence. La science est en effet l'ensemble des réponses apportées aux questions que nous ne nous posons pas. Elle nous apprend des quantités de choses admirables mais ne dit rien sur les questions que nous nous posons vraiment. Et ce ne sont pas de fausses questions que celle qui tournent autour du sens de notre existence. Elles sont douloureuses. Il est impossible d s'en débarrasser rapidement. Et les religions n'apportent pas uniquement des réponses.Elles ajoutent de nouvelles questions, parfois gênantes, par exemple : "Est-ce que ta vie est ce qu'elle devrait être?". Mais n'oublions pas que cette rencontre entre religion et philosophie que vous sentez venir, Marcel Gauchet, doit absolument se tenir sur le chemin de la rationalité - et non celui de l'instinct, ce qui équivaudrait à un suicide collectif. Le XXI ème siècle, tout religieux qu'il fût, sera rationnel, ou il ne sera pas.

Extraits d'entretien de M. Eltchaninoff avec M.Gauchet et R.Brague- Dossier Qu'est-ce que la philosophie?- Philosophie magazine n° juin 2016

Voir les commentaires

Published by Ritournelle - - Un peu de culture

1 2 3 > >>
Haut

Le blog de Ritournelle

Mes photos, mes coups de coeur en littérature et au ciné, les auteurs et artistes que j'admire,mes productions personnelles et une pincée d'humour...

Hébergé par Overblog