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Le blog de Ritournelle

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D'autres "gauloiseries"sont à prévoir...

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Published by Ritournelle - - Humour

Les rives du fleuve

...Les rives du fleuve profond
Le long de l'eau, s'en vont...
Elles ont vu bien des misères,
Accueilli bien des solitaires

Qui leur ont confié des secrets
Qu'elles n'ont jamais dévoilé.
Pour un soir, ou pour une nuit,
Elles ont offert un abri...

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Published by Ritournelle - - Photo

Paul Valéry répond avec une jolie citation dont il a le secret : "Que de choses il faut ignorer pour agir". Mais attention à ne pas mal comprendre la phrase:" ignorer" a en effet deux sens:ignorer peut signifier"ne pas savoir", mais aussi "ne pas tenir compte de ce que l'on sait".
Faut-il être ignorant pour être audacieux? Ne pas être alourdi par trop de savoirs pour oser prendre des risques? Avoir l'esprit libre, nu, vierge de toute compétence étouffante? Je ne le crois pas. Je pense même que si l'on devait écrire une histoire de l'audace, on ne cesserait de dresser le portrait d'hommes et de femmes aussi compétents et cultivés qu'audacieux. Charles Darwin, Pablo Picasso, Madonna, Richard Branson ont su oser - et ils étaient loin d'être ignorants dans leur domaine. Reste qu'ils ont un rapport à leur savoir doublement libre, et que là est probablement la clé de leur audace. D'une part, ils ne concoivent pas leur compétence comme une fin en soi, mais simplement comme un moyen au service d'autre chose, comme la condition de l'intuition, de la créativité, de l'audace. D'autre part, ils savent aussi "ne pas tenir compte" de ce qu'ils savent : à l'heure d'agir, ils réussissent, selon le mot de Paul Valéry à "ignorer"ce qu'ils savent, surtout lorsque ce savoir ne les conforte pas dans la direction empruntée. N'est-ce pas d'ailleurs la véritable destination du savoir : savoir se faire oublier? La meilleure façon d'apprécier une visite au musée n'est-elle pas de connaître l'histoire de l'art, mais de se promener dans les allées sans la réquisitionner jamais? La culture, n'est-ce pas en effet "ce qui reste une fois qu'on a tout oublié"?
Bref, il existe deux types d'ignorants. Les vrais ignorants qui en souffrent et ne s'autorisent même pas à écouter leur intuition. Il y a toujours une petite part d'eux-mêmes qui leur souffle qu'il leur manque quelque chose. Et les faux, qui savent très bien qu'il faut d'abord savoir - et savoir écouter- pour oser ignorer. Qu'il faut passer par le savoir pour s'en passer ensuite. Etre libre, c'est peut-être en effet se libérer du savoir, mais comme on lâche du lest. Encore faut-il, pour que cette action nous fasse gagner en hauteur, qu'il y ait quelque chose à lâcher.
C.Pépin- Faut-il être ignorant pour agir?Philosophie magazine n°sept.2016

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Published by Ritournelle - - Un peu de culture

Frantz

François Ozon propose avec ce film une libre adaptation du Broken Lullaby de Lubitsch.
1919. Dans une petite ville de Saxe, une jeune fille, Anna, vient tous les jours se recueillir sur la tombe de Frantz, son fiancé mort à la guerre. Un jour, elle aperçoit à sa grande surprise un jeune homme venu apporter un bouquet sur la même tombe et elle devine chez celui-ci une peine égale à la sienne. Leurs rencontres se renouvellent, jusqu'à ce qu'ils fassent enfin connaissance. Adrien prétend s'être lié d'amitié avec Frantz lors du séjour de celui-ci en France pour ses études. Anna est alors curieuse d'apprendre des détails sur la nature de cette amitié, sur leur complicité. Elle l'invite à rencontrer les parents de Frantz, chez qui elle vit. Le père, médecin, refuse d'accueillir ce garçon qui lui rappelle que la France l'a séparé de son fils. Mais devant la gentillesse d'Adrien, ses talents de violoniste, et son insistance à faire comprendre que eux tous sont des victimes du devoir patriotique, leurs relations deviennent plus chaleureuses. Anna, elle aussi, se laisse aller à une certaine proximité. Mais un jour, au cimetière, Adrien ne peut plus garder son secret : il le confie à Anna et fuit aussitôt en France. Celle-ci, part à sa recherche...
Avec une mise en scène parfaite, François Ozon donne à la caméra toute la puissance du noir et blanc pour exprimer les méandres du coeur ; il examine avec subtilité toutes les réactions de ses personnages, leurs doutes, leurs ressentiments, leur sens de la culpabilité, l'éveil du pardon ou de l'amour. Lorsque la caméra passe à la couleur, c'est la vie qui revient, le désir de dépasser la douleur pour se reconstruire.
Il faut saluer la prestation des comédiens, Pierre Niney et Anna Beer, sublime jeune actrice au talent prometteur et personnage essentiel de cette histoire.
Voilà un très beau film fort et émouvant en cette rentrée, qui mérite son prix du jury à la Mostra de Venise et qui en aura certainement d'autres.

Frantz
Frantz
Frantz
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Published by Ritournelle - - Cinéma

Une suggestion pour Dimanche : l'expo à St André de Seignanx

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Published by Ritournelle - - Art

Un gars meurt sur la frontière franco-allemande...

Quand il arrive au ciel pour le jugement dernier, Saint-Pierre lui dit :

- Bon, votre vie sur terre, pas terrible... quelques adultères, pas souvent à la messe, des blasphèmes, etc.

Je ne peux pas vous faire entrer au paradis, mais comme vous n'avez rien commis de grave et que vous êtes mort sur la frontière, je vous laisse tout de même le choix entre l'enfer allemand et l'enfer français.

- Mais Saint-Pierre, je ne connais ni l'un ni l'autre... pourriez vous m'en dire un peu plus SVP ?

- Eh bien, dans l'enfer allemand, on vous met dans une grande marmite pleine de purin, des petits gnomes très vilains qui sentent mauvais mettent des bûches sous la marmite, un dragon vient allumer les bûches et vous cuisez toute la journée. Et c'est tous les jours pareil !

- Et l'enfer Français ?

- Eh bien, dans l'enfer français, on vous met dans une grande marmite pleine de purin, des petits gnomes très vilains qui sentent mauvais mettent des bûches sous la marmite, un dragon vient allumer les bûches et vous cuisez toute la journée. Et c'est tous les jours pareil ! Mais, si vous voulez un bon conseil, je serais vous, je choisirais l'enfer français.

- Mais, Saint-Pierre, c'est exactement la même chose !

- Mais non, pas du tout ! Car dans l'enfer français :

  • un jour les gnomes sont en grève,
  • un jour on n'a pas livré les bûches,
  • un jour le dragon est en RTT,
  • un jour il est en congé maladie,
  • un jour ils ne trouvent plus la marmite,
  • un jour on n'a pas commandé le purin...
  • Et quand la CGT s'en mêle... je ne vous dis pas !

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Published by Ritournelle - - Humour

Ce nom est celui d'un ensemble de logements sociaux construits dans les années 30 pour un grand magasin bayonnais. Une architecture qui aurait besoin d'être revisitée aujourd'hui!

Un nom très approprié
Un nom très approprié

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Published by Ritournelle - - Photo

L'ombre de nos nuits - Gaëlle Josse

Je découvre avec ce livre une écrivaine de talent dont les précédents romans ont remporté plusiurs récompenses, notamment Le dernier gardien d'Ellis Island, prix de littérature de l'Union européenne en 2015.
Une jeune femme entre au musée de Rouen et se trouve attirée par un tableau de Georges de La Tour représentant Saint Sébastien blessé, soigné par Irène . Cette vision douloureuse évoque en elle le souvenir de son amour pour un homme qu'elle a intensément aimé.
Gaëlle Josse mène parallèllement cette histoire d'amour et la composition de ce tableau par l'artiste en 1649, oeuvre qu'il destine au roi de France. Le doux visage d'Irène met en lumière toute la tendresse et la compassion qu'elle met à guérir Saint Sébastien. Il représente aussi ce que la jeune femme a su éprouver pour son compagnon, encore sous le choc de la rupture avec sa femme. Le peintre prend sa fille Claude pour modèle; son visage doux et mélancolique convient parfaitement aux traits d'Irène. Pour les personnages secondaires , ce sera Marthe, la fille d'une servante qui tiendra la lanterne et Jérôme, le fils de voisins qui sera Saint Sébastien.
La lumière très ténue éclaire à peine les personnages en mettant l'accent sur l'intimité de la scène; point de lumière du jour, l'extérieur n'étant que violence, celle de la guerre de Trente ans, avec son lot de misère et de maladies. Laurent, le jeune apprenti met toute son application à assister le maître car il est amoureux de Claude; il est aidé dans sa tâche par Etienne, le frère de Claude.
La douleur de Saint Sébastien est aussi celle de l'homme qui n'a pas pu surmonter le chagrin de sa rupture avec la belle Lucia, créatrice de mode. Il a choisi de se réfugier dans l'alcool, laissant à la narratrice le goût amer de son propre échec à vouloir le sauver.
Ce roman à plusieurs voix nous entraîne dans des univers complètement différents mais que l'écriture de Gaëlle Josse parvient à croiser avec subtilité. Tout n'est que douceur, apaisement, quête de vérité, de justesse, que ce soit dans le cheminement du peintre ou dans l'analyse rétrospective que fait la jeune femme de sa liaison passée. L'artiste rassemble tous les éléments propres à la réussite de son oeuvre, l'amoureuse déçue tente de trouver les raisons de l'échec de la relation amoureuse.
Si Gaëlle Josse restitue à merveille cette alternance d'ombre et de lumière présente dans la peinture et dans la vie, sa prose , quant à elle, est essentiellement lumineuse, poétique, délicate.

"La main, le geste, le visage; tout ce que je peins tient là, dans cette mystérieuse trinité. Car c'est à cela, que nos jours se résument, en fin de compte. On m'a fait remarquer que mes visages ignorent celui qui regarde la toile, comme indifférents à sa présence ou à son absence. Peut-être est-ce la vérité, après tout. Je n'éprouve aucun intérêt à représenter des êtres qui vous dévisagent du haut de leur cadre. Des airs altiers, décidés, autoritaires, comme le demandent les nobles pour leurs portraits, ou réfléchis, attentifs, pleins de bonté ou feints, la main posée sur quelque livre pieux, comme le désirent les ecclésiastiques. Je peins le ravissement, l'oubli du monde dans un bras tendu, une main posée. Je peins l'être qui se laisse atteindre dans des régions de lui-même ignorées. Sa meilleure part."



 

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Published by Ritournelle - - Littérature

La maison blanche

Je n'ai pas oublié, voisine de la ville,
Notre blanche maison, petite mais tranquille ;
Sa Pomone de plâtre et sa vieille Vénus
Dans un bosquet chétif cachant leurs membres nus,
Et le soleil, le soir, ruisselant et superbe,
Qui, derrière la vitre où se brisait sa gerbe,
Semblait, grand oeil ouvert dans le ciel curieux,
Contempler nos dîners longs et silencieux,
Répandant largement ses beaux reflets de cierge
Sur la nappe frugale et les rideaux de serge.

C.Baudelaire

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Le fils de Jean

Mathieu travaille dans une société parisienne qui commercialise les croquettes pour animaux; à 33 ans, il a déjà perdu sa mère qui n'a jamais voulu lui dévoiler l'identité de son père. Un coup de fil de Montréal lui apprend que celui-ci est décédé. Ses obsèques vont donner l'occasion à Mathieu de connaître ses deux frères. A l'aéroport, c'est le meilleur ami de Jean qui l'accueille, médecin comme lui. L'homme cède devant l'insistance de Mathieu pour rencontrer ses deux frères; il l'emmène dans sa famille où sa femme et sa fille sont plus ouvertes que lui qui semble peu disert, laissant Mathieu à ses doutes et ses interrogations...
Avec beaucoup de finesse, Philippe Lioret mène l'adaptation du roman de J.P. Dubois comme une énigme , en semant quelques indices qui réservent un dénouement fort. Le film est porté par des comédiens dont le jeu tout en pudeur et en délicatesse donne toute sa justesse à cette histoire de filiation, de quête d'identité. Ce ne sont pas les dialogues qui priment, mais le jeu des regards, les silences qui font croître l'émotion des personnages et des spectateurs.
A voir sans hésiation!

Le fils de Jean
Le fils de Jean
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Published by Ritournelle - - Cinéma

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Mes photos, mes coups de coeur en littérature et au ciné, les auteurs et artistes que j'admire,mes productions personnelles et une pincée d'humour...

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