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Le blog de Ritournelle

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Transition entre hiver et printemps
Transition entre hiver et printemps

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Dans le cadre des Rencontres culturelles Confluences présidées par un enfant du pays , Francis Marmande, le thème portait cette année sur la ville et le goût . A cette occasion, l'architecte Jean Nouvel est venu dialoguer avec les Bayonnais sur sa conception de la ville, de l'architecture en général et du métier d'architecte. Il a insisté sur le fait que la ville ne peut plus s'étendre dans des périphéries où le manque d'humanité se fait cruellement sentir; d'une part, les nouvelles constructions proposent un habitat aux pièces trop petites, d'autre part, il faut recréer du lien social par l'implantation de structures sportives, d'espaces verts, d'où l'importance de revenir à des maraîchages, des jardins partagés pour un mieux vivre.
Il déplore que le rôle de l'architecte ne retrouve pas ses lettres de noblesse initiales, ses projets étant trop souvent soumis aux dictats de la politique et de la finance.
L'architecture est avant tout un art pour lui et doit être considéré comme tel par tous.
Un échange intéressant et fructueux avec l'un de nos plus grands architectes contemporains.

Jean Nouvel à Bayonne
Jean Nouvel à Bayonne

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Elegant camélia au charme oriental
Elegant camélia au charme oriental
Elegant camélia au charme oriental

...La porcelaine de la Chine
    Les reçoit par groupes coquets,
   Ou quelque main gantée et fine
     Au bal les balance en bouquets...

Elegant camélia au charme oriental
Elegant camélia au charme oriental

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Loving

Ce film retrace l'histoire du couple Loving qui a changé l'histoire des Etats-Unis. Richard et Mildred se connaissent depuis l'enfance, vivent dans un petit village de Virginie, en pleine nature. Il est Blanc, elle est Noire. Tous deux s'aiment, décident de se marier en juin 1958 à Washington puisque l'état de Virginie ne reconnaît pas l'union des Blancs et des Noirs. Mais cette union est vite découverte par les autorités locales : le seul moyen pour eux de ne pas aller en prison est de partir pour 25 ans loin de la Virginie et d'y revenir séparément pendant cette période.
Ils s'installent donc dans la maison d'un cousin de Mildred à Washington, Richard fait toujours les trajets quotidiens pour exercer son travail de maçon, Mildred s'occupe de leurs trois enfants; mais en 1963, l'un des enfants est renversé par une voiture, ce qui déclenche la décision de Mildred de quitter cette grande ville où elle ne se sent pas bien pour revenir en Virginie. Elle écrit au sénateur Bob Kennedy pour obtenir son soutien; par son intermédiaire, un jeune avocat prend cette affaire à coeur et après quasiment 10 ans de lutte, les époux Loving obtiennent enfin la reconnaissance de leur union par le décret de la Cour Suprême du 2 juin 1967 :
« Le mariage est l’un des droits civiques fondamentaux de l’homme, fondamentaux pour notre existence et notre survie même. En vertu de notre Constitution, la liberté d’épouser ou de ne pas épouser une personne d’une autre race relève du choix individuel et ne peut donc être limitée par l’État."

Jeff Nichols a fait un choix judicieux en reprenant cet événement d'importance dans l'histoire des droits de l'homme aux Etats-Unis, d'autant que la situation actuelle peut faire douter que les choses soient acquises définitivement.
Avec une excellente distribution d'acteurs, il nous plonge sans pathos dans cette Amérique scindée en deux où la ténacité et l'humanité de certains a fini par inverser la donne, en combattant les pires des préjugés. Si la mise en scène reste classique,il faut noter la beauté des images,  la caméra mettant l'accent sur le jeu des acteurs, chacun parfait dans son rôle : lui, introverti, elle , déterminée. Actuellement, Richard et Mildred sont décédés tous deux , mais certains couples continuent à leur rendre hommage le 2 juin de chaque année, une initiative à saluer!
A voir sans hésiter!
 

Richard et Mildred (les vrais)

Richard et Mildred (les vrais)

Loving
Loving
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Grains de soleil
Grains de soleil

... Ils se veulent soleil, ils se veulent espoir
O les doux mimosas rayonnant jusqu'au soir
Et leur parfum exquis en fragrance légère
     Qui baigne l'air nouveau de vagues passagères! ...

M.Corti

Grains de soleil

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L'ère du "tout-digital"ferait de nous des empotés? Dépassant la séparation entre "manuel" et "intellectuel", l'anthropologue Tim Ingold réhabilite un savoir par le bout des doigts, qui reprend contact avec le grain des choses.
Parfois, c'est à se demander si nous avons des mains. Si elles servent encore vraiment. Nous excellons à pianoter sur les claviers, à tapoter sur les écrans des smartphones, mais éprouvons les pires difficultés à monter un meuble Ikea. Et si la dite "société de la connaissance" générait des empotés et des ignorants d'un nouveau genre, sans prise sur le réel?Tim Ingold dresse ce constat sur l'ère du tout-virtuel, du tout-digital et du réseau:
"Au moment-même où le monde entier est à portée de main, voilà qu'il semble nous glisser entre les doigts." Car voilà : "Nous n'apprenons qu'en faisant."
Faire, donc. Fabriquer, façonner, créer. Selon la conception courante, l'activité de faire se divise en deux étapes :d'abord une idée, une intention se présente, puis l'on passe à la réalisation, à la concrétisation du projet. Tel est le schéma hylémorphique : une forme est visualisée mentalement, et elle est imposée à une matière brute - séparation de la partie théorique et des travaux pratiques. Méthodiquement, Ingold déconstruit cette représentation, en s'outillant de références philosophiques et en charpentant son propos de nombreux exemples tirés des 4 A (Anthropologie, Archéologie, Art, Architecture). Chez lui, l'esprit n'a plus rien du planificateur souverain, il observe, tâtonne, improvise; la matière n'a plus rien d'inerte, de passif; elle vit, résiste, évolue. Faire implique une confluence, une "mise en correspondance" : le praticien se met à l'écoute du matériau qu'il travaille, s'ouvre à ses potentialités; tantôt il guide, tantôt il se laisse guider par le bois qu'il ponce, le verre qu'il polit, les fils de soie qu'il enchevêtre. C'est une sorte de dialogue ininterrompu, de "danse de l'animé" : Faire est un flux de forces et d'énergies combinées, un "processus de croissance" qui mène à l'émergence de formes.
Cette aventure des sens est également celle de la pensée. En un dépassement de l'antique dualisme du "manuel" et de l'intellectuel", il s'agit ici de "penser en agissant", avec ses doigts, avec ses pieds si la technique l'exige. Le travail de conception est contemporain et indissociable du déroulement patient, minutieux des gestes. A la toute fin de son livre, Ingold célèbre...les ânes, aussi humbles et têtus que vagabonds. Et pour cause : les vrais savants sont tous des ânes, obstinés, captivés et étonnés par ce monde où ils se trouvent.
Savoir, c'est toujours faire et inversement, c'est examiner et s'instruire du grain des choses.
Sagesse revendiquée du faire : ou quand la découverte de soi suppose de reprendre contact avec le monde, de se former à son école, et de se forger à son atelier. Demain, c'est décidé : fini Ikéa, je me choisis des planches d'un beau bois et m'en inspire pour inventer, ce faisant, ma propre bibliothèque.

TP en cinq objets:

- Une cathédrale médiévale :
Chef d'oeuvre de l'art gothique, la cathédrale de Chartres ne fut pas le "glorieux achèvement d'un architecte inconnu". Aucune maquette d'un architecte génial et solitaire n'a été retrouvée.
De manière générale, les édifices du Moyen-Age n'avaient pas de plan préétabli qui réduisait la construction à une simple exécution; leur édification était un "work in progress", un travail collectif qui n'était jamais considéré comme définitivement achevé.

- Un tumulus :
C'est un amas de pierre et de terre élevé au-dessus d'une tombe. Ce monticule invite à se situer par-delà nature et culture : il est à la fois culturel (il a une signification humaine, funéraire) et naturel, du fait de sa composition. Aussi, au gré des vents et des pluies, de l'intervention d'animaux il se modifie, s'enrichit de nouveaux dépôts. "Site de croissance et de régénération", le tumulus est un cas de forme émergeante, qui se fait.

-Un pot :
Dans l'art de la poterie, les mains modèlent l'argile par l'entremise du tour. Celui-ci est un "transducteur" : il opère la médiation entre les mouvements conscients de l'artisan et la matière, permettant la naissance de l'artefact. Devenir-argile de l'homme, devenir-humain de l'argile via l'outil : faire un pot relève de la symbiose, de la synergie, c'est un exemple de la mise en correspondance d'éléments.

Un dessin :
Sur un support, au crayon ou au pinceau, une ligne apparaît, sinue. Un dessin ne matérialise pas une image déjà donnée dans l'imagination ; il est plutôt la "trace d'un geste" par lequel l'artiste trace et suit la pente de ce qu'il élabore hic et unc. Révélée par le dessin, l'humanité de la main consiste à voir en celle-ci plus qu'un simple instrument; elle est une chose qui sent, qui dit, qui raconte une histoire et ouvre un monde.

M.Duru - Philosophie magazine n°fév.2017

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Published by Ritournelle - - Un peu de culture

Pampilles et perles de printemps
Pampilles et perles de printemps

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La marche en solitaire

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Amateurs de roman noir, voici un petit livre qui devrait vous plaire.
Paris-Brest, c'est le retour de Louis, un jeune  brestois qui a fui sa famille bourgeoise quelques années auparavant, pour en écrire le roman. Il faut dire que dans cette famille, le trait d'union est ,comme chez Balzac, l'argent.
La grand-mère a épousé sur le tard un vieil officier rencontré au Cercle de bridge et dont elle a hérité la fortune. Le père accusé de malversations au club de foot de Brest, fuit dans le Languedoc pour tenter de se refaire une vie et le fils Louis, a pour ami un certain Kermeur, personnage malveillant, dont la mère est la femme de ménage de la grand-mère. Louis, l'intellectuel de la famille subit la mauvaise influence de Kermeur. Son frère, footballeur est là pour sauver l'honneur; c'est le seul qui ne soit pas corrompu, mais il doit s'éloigner pour ne pas vivre la honte occasionnée par les erreurs de son père.
Dans cet univers à la Chabrol, règnent l'hypocrisie et le mensonge ; lorsque Louis revient à Brest cinq ans après avoir expié sa faute et écrit son roman, l'atmosphère se crispe autour de tous ces acteurs, la vérité éclate...
Tolstoï a écrit « Toutes les familles heureuses se ressemblent, les malheureuses le sont chacune à leur façon ». Dans cette histoire, c'est l'argent qui crée les tensions, est à l'origine de tous les sentiments et agissements négatifs. Avec une grande habileté dans le style qui donne au lecteur l'impression que c'est lui-même qui construit le roman, on avance peu à peu entre passé et présent, entre étouffement et respiration, entre réalité et fiction.
Ce huis clos sombre  a pour cadre la rade de Brest dont les brumes correspondent parfaitement à la peinture sans concession de ce portrait de famille.
Une découverte d'auteur!

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Dans l'atelier
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Mes photos, mes coups de coeur en littérature et au ciné, les auteurs et artistes que j'admire,mes productions personnelles et une pincée d'humour...

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