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Le blog de Ritournelle

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Une grande vie est un rêve de jeunesse réalisé par l'âge mûr.

                                   Alfred de Vigny

 

A BIENTÔT!

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Published by Ritournelle - - Citations

Rêve de sable...
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Après Orhan Pamuk, l'écrivain turc mondialement connu, je découvre Oya Baydar, son aînée d'une dizaine d'années, investie comme lui dans la cause militante.
Parole perdue est son premier roman, paru en 2010. Très dense, il mêle plusieurs thèmes qui offrent au lecteur une meilleure connaissance de la Turquie, par bien des aspects.
C'est l'histoire d'un couple qui a tissé des liens solides au fil du temps, mais dont l'investissement  professionnel et politique n' a pas permis de prendre le recul nécessaire pour dresser des bilans. A la cinquantaine, ils ne savent plus très bien où ils en sont : ils se voient rarement et leur fils unique s'est éloigné d'eux , ayant choisi de vivre dans un île scandinave avec son enfant.
Lui, Ömer Eren, a connu le succès avec ses écrits, cependant son inspiration s'est tarie. Il est aussi dans une impasse au niveau de son engagement politique , ce qui fait qu'il n'a plus qu'un désir : partir pour se trouver. Sa femme Elif est chercheuse à l'université; passionnée par son métier, elle partage son temps entre les expériences en laboratoire et les colloques à l'étranger. Son prochain voyage est pour l'Europe du Nord, elle va donc en profiter pour revoir Deniz, ce fils qui n'a pas les mêmes ambitions que ses parents, et tenter de comprendre le sens de son éloignement, de ses valeurs si différentes.
Ce voyage initiatique met très vite Ömer en présence d'une jeune kurde, Zelal, à la gare d'Ankara, lors d'un incident dramatique visant à éliminer cette femme qui a soi-disant sali l'honneur de sa famille.Son compagnon Mahmut, a fui la guérilla kurde, il est poursuivi par le PKK, parti d'indépendance kurde, aux méthodes aussi violentes que celle de l'armée turque.
En poursuivant son chemin vers l'Anatolie, Ömer rencontre la pharmacienne Jihan, femme aussi belle que mystérieuse, dont le mari a été assassiné par l'on ne sait quel parti. Son seul combat est la lutte pour plus de paix et d'humanité.
Face à ces personnes, Ömer comprend que son engagement a été minime, sans risques.
De son côté, Elif arrive en Norvège, dans cette île où Deniz, enfant, avait souhaiter rester pour fuir la violence de la Turquie. Jeune reporter photographe, il a à nouveau côtoyé la violence dans plusieurs pays, ce qui explique son retour dans cette île paisible, le rêve de son enfance, pour y découvrir ce qu'il estime être la vraie vie. Mère et fils tentent de renouer leurs liens.
Ce roman écrit par une ancienne militante, ayant fui la Turquie pour l'Allemagne après avoir été torturée, et qui est revenue au pays de ses racines en 1991, est celui d'une femme engagée, mais lucide, qui a compris que la violence n'est pas le meilleur moyen de régler les problèmes.
Roman politique, il nous informe sur la situation de ce pays, déchiré entre deux cultures où la violence est monnaie courante : celle de la guerre dont même les enfants ne sont pas épargnés, celle que subissent les femmes dans leur asservissement...
Roman philosophique, il nous interpelle sur le sens de la vie, sur celui des responsabilités, de l'engagement politique, de la transmission.
Roman choral, il alterne la parole de la narratrice avec celle des personnages dans un souci de vérité, d'authenticité.
Un livre fort, émouvant, porté par une langue précise qui même l'intime au politique.
  A avoir dans sa bibliothèque.
 

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Published by Ritournelle - - Littérature

Camaïeux de printemps
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Huile sur toile

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Se laisser divaguer sur les rives d'un fleuve...

Pourquoi plonger dans les eaux vivifiantes d'un cours d'eau quand on peut laisser son esprit divaguer depuis sa rive?

Dans ses Conseils au bon voyageur, Victor Segalen n'y va pas par quatre chemins : « Garde-toi d'élire un asile ». Plus loin : « Ainsi, sans arrêt ni faux pas, tu parviendras aux remous pleins d'ivresse du grand fleuve Diversité. »

D'accord, Victor, je comprends votre envie de plonger dans les courants impétueux afin de dériver jusqu'aux deltas pleins de promesses . Mais, à force d'avoir descendu les fleuves, j'ai découvert un autre usage du cours d'eau : surtout n'y point plonger ! Se tenir immobile sur sa rive et s'hypnotiser devant son courant, en laissant divaguer regard et pensées.
Faire halte au bord d'un cours d'eau consiste à se tenir dans une ligne médiane et fort digne : ne pas prétendre le remonter, ne pas s'abaisser à le suivre. En d'autres termes, se refuser à toute bravade de contre-flux et s'oublier dans le courant dominant. On s'épargnera ainsi l'alternative du saumon frénétique et du rhizome déprimant (image de P.Sloterdijk dans Après nous le déluge, pour désigner nos sociétés bâtardes sans racines et sans pères à la dérive dans les marais du renoncement ).
Assis au bord d'un fleuve, muni de tabac blond, d'un petit livre et d'un flacon de vin sec, on se paiera à bon compte un spectacle envoûtant et une source inépuisable de méditation.
Je suis resté des heures sur la rive droite du fleuve Oubangui entre la République centrafricaine et la République démocratique du Congo. En face, le Congo bruissait lugubrement. Le soleil descendait le ballet dolent des piroguiers faisait oublier que la guerre avait fait rage quelques mois plus tôt : un fleuve emporte tout.
Au bord de l'Angara, à Irkoutsk, des vapeurs de brume froide dansaient au-dessus du courant, et leurs convulsions donnaient au paysage un aspect incertain – le monde était en sursis.
Les eaux de l'Amou Daria que je fixais depuis la rive tadjike, descendaient à gros bouillon, charriant la puissance et la gloire de la terre du Pamir. On savait qu'elles n'arriveraient jamais à destination – la mer d'Aral – pompées en chemin par les programmes d'irrigation, et c'était grande pitié de contempler toute cette énergie dont on pressentait l'agonie.
Sur les rives de la Yamuna en Inde, je contemplais les miroitements du ciel quand un cadavre flottant passa au milieu du fleuve. Un corbeau était juché sur le ventre gonflé et y donnait de temps en temps un coup de bec. Les fleuves sont des autoroutes funèbres. Elles transportent les débris de l'érosion et les particules mortes vers la grande lessiveuse de l'océan.
Devant le Bosphore, qui n'est pas un fleuve mais un goulet, c'atit un autre spectacle : la valse épileptique des ferrys, des cargos, des barques et des patrouilleurs produisait une agitation superbe, terrifiante, décourageante, moderne en somme. Parfois, en pleine capitale, au bord du Tibre, à Rome, de la Seine à paris, de la Neva à Saint-Pétersbourg, les berges, comme des saignées sauvages offrent la seule chance de rencontrer une bête, une herbe folle, de s'abandonner quelques instants et de se reposer de l'artifice monstrueux de la ville.
« L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive : il coule, et nous passons ! », mélancolisait Alphonse de Lamartine au bord de son lac. Mais s'il s'était tenu au bord de l'eau en mouvement – Orénoque, Loire ou Tamise - , et non de l'eau en plan, il aurait trouvé qu'il y avait là – sinon « un port »- du moins un poste d'inspiration, un laboratoire poétique, où toute envie de se déplacer s'évanouit, puisque le fleuve le fait à votre place.
 

A contre-courant – Sylvain Tesson – Philosophie magazine n°juin 2017

Se laisser divaguer sur les rives d'un fleuve...

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Vert et violet : couleurs de la sérénité et du secret
Vert et violet : couleurs de la sérénité et du secret

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De nombreux visiteurs sont venus pendant ces deux journées assister à ces moments d'échanges si précieux avec des personnalités issues d'horizons divers. Le facétieux Grégoire Delacourt a débattu avec son complice Jean-Louis Fournier sur le thème du bonheur et des "livres qui font du bien"; David Foenkinos est venu nous parler de l'impact insoupçonné des mots dans la vie des lecteurs avec le  "Mystère Henri Pick". Le pédopsychiatre Aldo Naouri a livré sa conception de l'éducation, nourrie de ses nombreuses expériences de thérapie.
Claude Cancès, un ancien du "quai des orfèvres" et l'écrivain Harold Cobert ont apporté leurs témoignages sur des faits divers qui dépassent souvent la fiction.
Dominique Bona est venue présenter une biographie de Colette mettant en lumière les femmes qui ont compté dans sa vie.
Ces entretiens, ainsi que ceux des autres auteurs présents dont Etienne Rousseau-Plotto , historien local, ont été brillamment menés par la journaliste Nathalie Six.
La photographe Séverine Dabadie a apporté une note locale et colorée avec ses belles photos sur le pastoralisme basque.
Souhaitons longue vie à ces rencontres annuelles!

Grégoire Delacourt, Jean-Louis Fournier, Nathalie Six
Grégoire Delacourt, Jean-Louis Fournier, Nathalie Six

Grégoire Delacourt, Jean-Louis Fournier, Nathalie Six

David Foenkinos
David Foenkinos

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Harold Cobert, Claude Cancès

Harold Cobert, Claude Cancès

Dominique Bona

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Séverine Dabadie

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Après la tempête

Le cinéaste Kore-Eda dresse dans ce film le portrait d'un homme qui se cherche, incapable d'aller au bout de ses rêves : il voulait devenir un grand écrivain, mais après des débuts prometteurs, il n'a plus le goût d'écrire, ne trouve plus l'inspiration. Il entame alors un travail de détective privé pour subvenir à ses besoins. Au lieu de verser à son ex-femme la pension alimentaire pour son fils, il dépense son argent aux courses, un vice hérité de son père décédé. Il n'hésite pas non plus à demander de l'argent à sa vieille mère sous les prétextes les plus divers. Ce penchant l'a écarté de sa femme, l'a éloigné de son fils qu'il voit peu et pour qui il est un mystère. Tous trois se retrouvent un soir chez la mère et sont contraints de passer la nuit côte à côte à cause du typhon. La violence de la nature aura-t-elle mené à d'autres déchaînements intimes ou à un apaisement?
Avec une caméra qui filme très lentement l'évolution des personnages, Kore-Eda nous donne à penser sur les relations humaines dans leur complexité, que ce soit les relations familiales ou les relations de couple. Il dresse un constat doux amer sur nos espoirs, nos échecs, sur la difficulté de s'assumer, d'être compris et aimé.
Un film délicat, universel, sur la fragilité de l'humain, porté par d'excellents acteurs.

Après la tempête
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Mes photos, mes coups de coeur en littérature et au ciné, les auteurs et artistes que j'admire,mes productions personnelles et une pincée d'humour...

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