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Le blog de Ritournelle

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Mystérieuses fenêtres...

Celui qui regarde du dehors à travers une fenêtre ouverte, ne voit jamais autant de choses que celui qui regarde une fenêtre fermée. Il n’est pas d’objet plus profond, plus mystérieux, plus fécond, plus ténébreux, plus éblouissant qu’une fenêtre éclairée d’une chandelle. Ce qu’on peut voir au soleil est toujours moins intéressant que ce qui se passe derrière une vitre. Dans ce trou noir ou lumineux vit la vie, rêve la vie, souffre la vie.

Par-delà des vagues de toits, j’aperçois une femme mûre, ridée déjà, pauvre, toujours penchée sur quelque chose, et qui ne sort jamais. Avec son visage, avec son vêtement, avec son geste, avec presque rien, j’ai refait l’histoire de cette femme, ou plutôt sa légende, et quelquefois je me la raconte à moi-même en pleurant.

Si c’eût été un pauvre vieux homme, j’aurais refait la sienne tout aussi aisément.

Et je me couche, fier d’avoir vécu et souffert dans d’autres que moi-même.

Peut-être me direz-vous : « Es-tu sûr que cette légende soit la vraie ? » Qu’importe ce que peut être la réalité placée hors de moi, si elle m’a aidé à vivre, à sentir que je suis et ce que je suis ?

C.Baudelaire- Petits poèmes en prose

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Djam

De père kabyle et de mère gitane, Tony Gatlif revendique depuis toujours son appartenance multiculturelle; dans ses films, il aborde les thèmes qui lui sont chers : l'exil, les Roms, les insoumis, les opprimés, dans une tonalité à la fois grave et légère, car la musique est ce qui fait oublier la noirceur du monde.
Sur fond de crise grecque et d'intégrisme suggéré, il nous entraîne dans un voyage avec un personnage hors norme, Djam, une jeune fille de 22 ans, vivant avec son beau-père qu'elle appelle son "oncle"à Mytilène, sur l'île de Lesbos. Celui-ci la charge d'aller à Istanbul trouver un piston qui réparera son bateau. Djam n'a peur de rien, elle n'a aucun tabou et arrive à Istanbul où elle doit négocier afin d' obtenir la pièce pour le bateau. Elle rencontre alors Avril, une jeune française venue soi-disant porter secours aux réfugiés. Mais au lieu d'accomplir sa mission, elle suit Djam sur le chemin de Mytilène. Toutes deux vivent une aventure faite d'imprévu, d'amitié, de complicité et aussi de disputes. La musique , le rébétiko, celle des grecs chassés de Turquie par Atatürk, ponctue les étapes de leur voyage, c'est la musique "des mal-aimés , mais de gens fiers d'être ce qu'ils sont", qui associe les peuples grec et turc; musique de l'exil, que l'on chante et que l'on danse , comme le prouve la belle Djam, toute en énergie.
Tony Gatlif ne pouvait trouver meilleure actrice pour interpréter Djam . Daphné Patakia, une jeune grecque,à l'avenir très prometteur, est vraiment époustouflante. Elle incarne à merveille ce personnage libre, insolent, passionné, qui dégage une grande sensualité et aussi un certain mystère. Elle parle français, grec, anglais, chante et danse comme une professionnelle malgré son jeune âge. C'est elle qui porte le film, même si sa partenaire,Maryne Cayon, plus en retrait, est aussi très juste. Simon Abkarian complète ce casting efficace avec le talent habituel qu'on lui connaît.
Voilà un film qui fait du bien, tout en abordant les sujets graves de l'actualité. L'énergie de la jeunesse, la musique comme lien entre les peuples et la beauté des images sont autant de raisons d'y trouver des formes d'espoir.
Un film généreux, humaniste, à voir...




 

 

Djam
Djam
Djam

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Saint Jean de Luz - Le port

Un port est un séjour charmant pour une âme fatiguée des luttes de la vie. L’ampleur du ciel, l’architecture mobile des nuages, les colorations changeantes de la mer, le scintillement des phares, sont un prisme merveilleusement propre à amuser les yeux sans jamais les lasser. Les formes élancées des navires, au gréement compliqué, auxquels la houle imprime des oscillations harmonieuses, servent à entretenir dans l’âme le goût du rhythme et de la beauté. Et puis, surtout, il y a une sorte de plaisir mystérieux et aristocratique pour celui qui n’a plus ni curiosité ni ambition, à contempler, couché dans le belvédère ou accoudé sur le môle, tous ces mouvements de ceux qui partent et de ceux qui reviennent, de ceux qui ont encore la force de vouloir, le désir de voyager ou de s’enrichir.

C.Baudelaire- Spleen

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Bidarray

Bidarray

 “J’ajoute qu’ici un lien secret et profond et que rien n’a pu rompre unit, même en dépit des Pyrénées, ces frontières naturelles, tous les membres de la mystérieuse famille basque.” Victor Hugo
 
Bergerie

Bergerie

St Etienne de Baigorry

St Etienne de Baigorry

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Egon Schiele

Egon Schiele est une figure marquante de la peinture autrichienne du début du XXème siècle. Ce biopic tente de restituer l'atmosphère de l'époque, en mettant l'accent sur les principaux événements de la vie du peintre, et en essayant d'analyser ce qui a nourri son art.
Très tôt Egon se passionne pour le dessin, et toute sa vie, c'est par le dessin qu'il pense atteindre le fond des choses.  A l'âge de quinze ans, il perd son père; ce traumatisme le marque à jamais. S'opposant au souhait de son oncle, il choisit la carrière artistique, prend des cours à l'Académie des Beaux-Arts de Vienne. Mais ce rebelle n'y trouve pas les moyens de fuir le conformisme intolérant d'une famille et d'une société. Attiré par le mouvement sécessionniste conduit par Gustav klimt, il créée à son tour le mouvement expressioniste avec ses amis Gerstl et Kokoschka. Marquée par un réalisme brutal, cette peinture dénonce l'attitude hypocrite de la société viennoise vis à vis du sexe. La tragédie de son père, mort de la syphilis, pousse Egon à explorer la sexualité, la sienne et celle des femmes qui partagent sa vie, sa soeur, ses maîtresses, sa femme. Le film met l'accent sur cette étude des corps, sur ce qu'ils peuvent dévoiler de la personne. Cet espionnage de la psyché dans ses aspects les plus intimes  conduit le peintre en prison pour immoralité et séduction. Accusé de pornographie et de pédophilie, il reste longtemps éprouvé par cette condamnation publique qu'il estime injuste.
Mort à 28 ans de la grippe espagnole, l'artiste laisse une oeuvre où se reflète la dualité de son " moi tourmenté", caractérisée par l'opposition entre l'inquiétude de son monde intérieur et l'apaisement qu'apporte la nature.
Dieter Berner s'est limité à une certaine vision de l'oeuvre de Schiele, en faisant abstraction des peintures de paysages. Il a voulu décortiquer au plus près l'intérêt de l'artiste pour le corps humain, sa façon de le mettre en scène pour pouvoir l'interpréter en miroir de l'âme.
Une mise en scène soignée, de belles images donnent un intérêt certain à ce film, ainsi que tous les témoignages historiques et sociaux de l'époque. Toutefois, il aurait été préférable de choisir un acteur plus conforme à la personnalité sombre et ambigüe de l'artiste, qui a sacrifié sa vie au nom de l'art.
 

Egon Schiele
Egon Schiele
Egon Schiele
Egon Schiele
Egon Schiele
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Luce Buchheit voue à la poésie une affection particulière. Elle est sa respiration quotidienne.
Après avoir publié plusieurs récits autobiographiques faisant référence à son expérience professionnelle ou à son parcours intime, (des articles sont sur ce blog), elle nous livre ici un second recueil de poèmes Au berceau de ses rêves, Haïkitos ,illustré avec talent par les encres de Marie Bonnet.
La poésie se déguste, se savoure au gré des envies ; on peut y cueillir des petits bonheurs pour agrémenter le quotidien souvent pesant. Luce nous entraîne dans ses propres perceptions du monde . Elle sait comment éloigner le fardeau des soucis et autres désagréments, en accueillant pleinement la nature dont elle perçoit les moindres frémissements au fil des saisons : la nature est beauté, lumière, apaisement :

La lumière se pose

Sur l'argent dentelé

Des hêtres de décembre.

Estampe japonaise.

Entente délicate

Entre ciel peint en bleu

Et neige immaculée

Comme Christian Bobin qui « puise dans la vision d'une marguerite les forces nécessaires pour résister au monde », Luce trouve dans tout ce qui interpelle les sens,couleurs, parfums et sons, une échappatoire à la violence :

 

Les champs de blé sont d'or.

La lavande a remis

Sa robe parfumée

Peinte au bleu du ciel

Parfois un rossignol chante.

Peut-être sauront-ils

L'or, le bleu et leur chant

Bannir la violence

Tout comme les plantes, les arbres, les oiseaux, et les chats font partie de son décor familier indispensable. Ils sont la liberté, le mystère, la sensualité, habitent un "royaume dont nous ne savons rien".
D'autres nourritures viennent compléter les bienfaits de la nature : la musique, la danse, l'art :

 

La lune sur les toits

Va pêcher des étoiles

Pour jouer du piano

A la barbe du vent

Le soleil danse, vert

Sur le fil cotonneux

Des nuages tout blancs

Mais l'arme privilégiée pour résister, faire face au monde, n'est-elle pas encore l'amour, qui nous porte, nous stimule, nous sauve, nous rend vivants ?

 

Les mots d'amour nourrissent patiemment

Le souffle si ténu de nos fragiles rêves.

Ils sonnent toujours juste et s'en vont

Dans le vent

En célébrant la vie

Un petit livre porteur de rêve, dont la forme, inspirée des haïkus, est en parfaite correspondance avec les délicates encres de Marie Bonnet ; leur légèreté suggère des univers ouverts à la méditation, au silence, à la beauté.

A consommer sans modération.

 

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Derniers bains pour certains

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C'est lui qu'ils regardent!

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Petite devinette : que regardent le père et le fils?

La réponse, c'est pour bientôt!

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Le festival de Street art se déroule actuellement jusqu'au 22 août dans l'ancien garage Honda de l'avenue Kennedy, l'occasion pour une vingtaine d'artistes de mesurer leur talent :
Alert, Bebar, C. Froussard, Grems, Guitar, Hell'o, Jack Usine, Jean Steou, Maye, Missy, Nova Dead, Opéra, Taroe, Twopy, Vilks, Xkuz et bien d'autres.
Harmonies de bleu et blanc pour représenter l'espace urbain de la ville, oeuvres originales qui témoignent d'un grand potentiel de créativité, cette manifestation autour de l'art d'aujourd'hui a toute sa place à Biarritz où les nombreux touristes français et étrangers peuvent s'imprégner de ces univers éphémères.

 

Colorama à Biarritz : une histoire de bleu
Colorama à Biarritz : une histoire de bleu
Colorama à Biarritz : une histoire de bleu
Colorama à Biarritz : une histoire de bleu
Colorama à Biarritz : une histoire de bleu
Colorama à Biarritz : une histoire de bleu
Colorama à Biarritz : une histoire de bleu
Colorama à Biarritz : une histoire de bleu
Colorama à Biarritz : une histoire de bleu
Colorama à Biarritz : une histoire de bleu
Colorama à Biarritz : une histoire de bleu
Colorama à Biarritz : une histoire de bleu
Colorama à Biarritz : une histoire de bleu
Colorama à Biarritz : une histoire de bleu

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Mes photos, mes coups de coeur en littérature et au ciné, les auteurs et artistes que j'admire,mes productions personnelles et une pincée d'humour...

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