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Le blog de Ritournelle

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Articles avec #cinema

Une femme fantastique

Le titre, ainsi que le résumé de ce film n'en dévoilent pas le thème réel. Le metteur en scène chilien Sebastian Lelio nous y amène progressivement, par touches subtiles. Il voulait aborder les répercussions de la mort lorsqu'elle ne se produit pas en présence de la "bonne personne". Après avoir cherché quel pourrait être le personnage féminin du film, il a choisi un être qui doit lutter pour affirmer sa différence.
Orlando a une cinquantaine d'années; il a quitté femme et enfants pour une liaison passionnelle avec Marina,de vingt ans sa cadette, s'apprête à partir avec elle en voyage aux spectaculaires chutes Iguazu, entre l'Argentine et le Brésil. Une rupture d'anévrisme coupe court à ce beau projet, tout comme aux autres perspectives de vie commune des deux personnages. Marina est effondrée, elle veut assister aux obsèques d'Orlando, mais son ex-femme et le reste de sa famille s'y oppose catégoriquement pour ne pas "salir leur honneur". Car Marina n'est pas une femme comme les autres, elle a choisi de le devenir, même si son passeport indique encore son identité masculine.
Mais c'est une femme forte qui résiste à la violence, aux insultes, à la "bien-pensance"pour s'affirmer, cultiver sa passion du chant, tenter de renaître autrement.
Voilà un film courageux traitant de l'un des derniers tabous de la société, le transgenre, ce qui n'est pas sans rappeler un autre cinéaste, Pedro Almodovar, qui a abordé ce même sujet de façon différente. Ici, on est dans une certaine sobriété qui met en valeur la sincérité de cet amour improbable. Les acteurs sont remarquables, Daniela Varga, actrice transgenre, incarne avec une palette d'émotions convaincante le personnage de Marina face à  ses partenaires.
Ours d'argent à Berlin, prix du meilleur scénario, autant de raisons de voir ce film hors norme qui nous entraîne dans un contraste de dure réalité et de fantasmagorie.


 

Une femme fantastique
Une femme fantastique
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Published by Ritournelle - - Cinéma

A serious game

Pernilla August a joué dans les films de Bergman puis dans ceux de son ex-époux Bille August , avant de se lancer dans la réalisation avec cette adaptation du roman de 1912, de H. Söderberg "Le jeu sérieux" , une histoire d'amour passionnel entre deux êtres dès leur première rencontre, que ne favorise pas le contexte social de l'époque.
Lydia est la fille d'un peintre qui vit sur une île suédoise. Elle partage seule le quotidien de cet homme qui aime bien festoyer avec ses amis. Parmi ceux-ci, arrive un jour le jeune Arvid, un journaliste stagiaire. Lydia et Arvid ressentent tout de suite une forte attirance, perçue par le père de Lydia . Celui-ci doute de la réussite de leur union, vu le manque de ressources du jeune homme. Quelque temps après, le père de Lydia décède, obligeant la jeune fille à trouver du travail et à s'installer à Stockholm. Elle retrouve Arvid, peut enfin laisser s'exprimer sa passion, mais le mariage n'est pas encore possible. Alors Lydia décide d'épouser un homme riche de 50 ans, tout comme Arvid plus tard, s'unira à la fille du directeur de l'Opéra. Les amants se revoient, se rapprochent , s'éloignent à nouveau, sachant que leur véritable amour est celui qu'ils partagent. Lydia quitte son mari dans l'espoir de vivre enfin avec Arvid, mais ce n'est que lorsque sa femme découvre l'adultère qu'il se décide. Trop tard?
Histoire classique souvent traitée au cinéma, elle fait évoluer les personnages dans une période de grands bouleversements sociaux où la femme commence à s'émanciper. Le personnage d'Arvid se montre lâche, passif, alors que Lydia est une battante qui veut aller au bout de sa passion. La femme d'Arvid est aussi criante de vérité dans sa douleur de femme trompée. On aurait souhaité que la passion l'emporte sur la raison chez Arvid; il lui manque cette folie dévastatrice qui envahit ceux qui ne maîtrisent plus leurs sentiments. En fait, tous deux aspirent à la liberté, par des moyens différents.
Pernilla August a su capter les moments forts entre ces deux êtres et l'actrice Karin Franz Körlof est remarquable de justesse dans ce rôle de jeune femme vive, passionnée. Est aussi à noter la beauté de l'image dans certaines scènes où l'on retrouve l'atmosphère des tableaux du danois Carl Holsoe, des scènes d'intérieur baignées de lumière où le temps semble arrêté.
Et bien sûr ce film nous interpelle sur ce qui conditionne les histoires d'amour...

A serious game
A serious game
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Published by Ritournelle - - Cinéma

Lou Andréas-Salomé

Cette femme exceptionnelle a été mise en lumière dans les années 70, lorsque les mouvements féministes ont éclos, un peu partout dans le monde. Nombreux sont les écrivains, hommes de théâtre, qui se sont intéressés à elle, sans oublier les cinéastes si l'on se souvient du film de Liliana Cavani : "Au-delà du bien et du mal" porté par la superbe Dominique Sanda
Le personnage de .Lou Salomé est intemporel, n'en finit pas de fasciner, car c'est une femme qui a bravé les préjugés de son époque pour être elle-même. A soixante-dix ans passés, elle confie ses souvenirs à un éditeur, Ernst Pfeiffer, qui les publiera par la suite.
Le biopic de Cordula Kablitz-Post retrace les principaux événements de la vie de Lou, dernière d'une famille de six enfants et unique fille , adulée par un père, général de l'armée russe. Son décès prématuré affectera beaucoup l'adolescente. Elle parle très tôt trois langues, le russe, l'allemand, le français, est initiée à la philosophie, à la religion et à la poésie par le pasteur Gillot qui tombe sous son charme et veut l'épouser alors qu'il est déjà marié. Commence alors la fuite de Lou vers d'autres horizons : elle part pour Zurich, la seule université pour femmes, séjourne en Italie pour sa santé, accepte toutefois un mariage blanc sous conditions avec l'orientaliste Carl Andréas, rencontre les célébrités intellectuelles du moment : les philosophes Paul Rée et Frédéric Nietzsche, qu'elle éconduit après une tentative de vie à trois, pour vivre une passion avec le poète Rilke  de quatorze ans plus jeune. Suite aux échanges intellectuels avec ces figures éminentes, elle publie d'abord un roman, sous un nom masculin, puis différents essais et traités de psychanalyse. Bien sûr, elle côtoie Freud , celui qu'elle admire profondément et dont elle veut suivre le chemin en pratiquant la psychanalyse. Ils seront liés par 25 ans de correspondance.
Certains reprochent à Cordelia Kablitz-Post, dont c'est le premier long métrage, une mise en scène trop académique, mais il faut souligner l'essentiel, c'est à dire l'interprétation remarquable des deux actrices représentant Lou dans la fleur de l'âge et plus âgée. Elles sont parvenues à restituer la force de caractère, la détermination de cette femme très intelligente qui a refusé toute sa vie la subordination à l'autre, ainsi qu'à des principes supposés la priver de liberté, le maître-mot de ses parcours intime et intellectuel.
L'atmosphère de l'époque est bien rendue, tout comme la dimension des échanges de ces personnages, la force de leurs convictions qui ne va pas sans souffrance.
Ce film donne envie de se replonger dans les écrits de Lou, grande figure du féminisme décédée en 1937, à 76 ans à Göttingen.

 

Lou Andréas-Salomé
LOU, NIETZSCHE, PAUL REE

LOU, NIETZSCHE, PAUL REE

LOU, NIETZSCHE

LOU, NIETZSCHE

LOU, RILKE

LOU, RILKE

LOU ANDREA-SALOME

LOU ANDREA-SALOME

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Après la tempête

Le cinéaste Kore-Eda dresse dans ce film le portrait d'un homme qui se cherche, incapable d'aller au bout de ses rêves : il voulait devenir un grand écrivain, mais après des débuts prometteurs, il n'a plus le goût d'écrire, ne trouve plus l'inspiration. Il entame alors un travail de détective privé pour subvenir à ses besoins. Au lieu de verser à son ex-femme la pension alimentaire pour son fils, il dépense son argent aux courses, un vice hérité de son père décédé. Il n'hésite pas non plus à demander de l'argent à sa vieille mère sous les prétextes les plus divers. Ce penchant l'a écarté de sa femme, l'a éloigné de son fils qu'il voit peu et pour qui il est un mystère. Tous trois se retrouvent un soir chez la mère et sont contraints de passer la nuit côte à côte à cause du typhon. La violence de la nature aura-t-elle mené à d'autres déchaînements intimes ou à un apaisement?
Avec une caméra qui filme très lentement l'évolution des personnages, Kore-Eda nous donne à penser sur les relations humaines dans leur complexité, que ce soit les relations familiales ou les relations de couple. Il dresse un constat doux amer sur nos espoirs, nos échecs, sur la difficulté de s'assumer, d'être compris et aimé.
Un film délicat, universel, sur la fragilité de l'humain, porté par d'excellents acteurs.

Après la tempête
Après la tempête
Après la tempête
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Orpheline

Arnaud des Pallières est un metteur en scène audacieux qui cherche à surprendre le spectateur par la recherche formelle de ses scénarios. Ici, il nous propose un film dense, étonnant, à travers un personnage féminin qu'il envisage à quatre périodes de sa vie, envisagées de façon non chronologique. Une petite fille marquée par le traumatisme survenu au cours d'une tragique partie de cache-cache qui devient une adolescente fugueuse en mal d'affection; elle se transforme en une jeune fille délaissant la province pour la capitale et ses dangers, puis elle atteint une forme de maturité avec un travail et une relation stables, mais son passé n'est pas définitivement enterré.
Le fait d'attribuer les différents moments de la vie du personnage à quatre actrices différentes déstabilise un peu le spectateur qui doit reconstruire l'histoire au fur et à mesure. Mais cette oeuvre doit être envisagée comme un tableau cubiste avec toutes les facettes d'une même personne qui se cherche tout au long de sa vie et dont la tentative de construction n'est guère simple. On peut penser que sa lente métamorphose s'ouvre sur une certaine liberté.
Il y a des scènes d'une rare intensité, où la présence physique des différentes comédiennes donne toute sa valeur à ce kaléidoscope. Gros plans sur les corps : celui de l'adolescente qui en fait l'objet de sa dérive, celui de la jeune fille à la recherche d'un père, celui de la femme qui donne la vie. Des images parfois brutales au service de vérités difficiles à entendre d' un être en quête de repères, touchant par son mystère et sa soif d'affection.
Les quatre actrices sont absolument remarquables dans leur rôles, elles ont tout donné à ce personnage complexe  pour en restituer la crédibilité à tous les âges.
Un film fort, dérangeant, original.

 

Orpheline
Orpheline
Orpheline
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Sage femme

  Film hommage de Martin Provost à celle qui lui a sauvé la vie :
"Elle m’a donné son sang et m’a ainsi permis de vivre. Elle a fait cela avec une discrétion et une humilité incroyables
", raconte-t-il. "J’ai donc décidé de lui rendre hommage à ma façon et de lui dédier ce film, et à travers elle, de le dédier à toutes ces femmes qui œuvrent dans l’ombre, vouant leur vie aux autres, sans jamais rien attendre en retour".

Le réalisateur ne raconte pas son histoire personnelle, mais il a tenu à célébrer le travail de ces femmes dont on ne parle pas et à qui l'on doit beaucoup. Après les avoir observées dans leur travail, une fiction s'est imposée à lui : l'histoire de Claire, sage-femme dans une maternité de la banlieue parisienne sur le point de fermer, qui vit modestement avec son fils de 18 ans, étudiant en médecine. Très investie dans son travail, elle habite dans un immeuble, cultive son jardin et circule à vélo. Un jour, elle reçoit un message téléphonique d'une certaine Béatrice, l'ancienne maîtresse de son père, qu'elle n'a pas vue depuis 30 ans. Celle-ci souhaite la rencontrer. D'abord réticente, Claire accepte de revoir celle qui a fait souffrir son père et dont elle ne garde pas un bon souvenir. Béatrice est atteinte d'un cancer, sait qu'elle a peu de temps à vivre et aimerait revoir le père de Claire dont elle a perdu la trace. Cette femme fantasque, qui se dit comtesse polonaise, est très "cigale": elle dépense sans compter , joue pour rembourser ses dettes. Sa solitude est à l'opposé de celle de Claire dont la vie, bien remplie, manque un peu de fantaisie, de plaisir. Peu à peu les deux femmes se rapprochent, s'apportent le confort affectif qui leur manque :l'une profite des derniers instants de bonheur qu'il lui reste, l'autre va retrouver le désir, l'envie de ne plus mettre sa vie personnelle entre parenthèses.
Martin Provost a réussi le pari de traiter un sujet grave sur un ton drôle, sans être léger. On sent tout de suite le plaisir qu'ont eu ces deux grandes actrices que sont Catherine Deneuve et Catherine Frot à se mettre dans la peau de leurs personnages contrastés, l'une exubérante, l'autre trop sage, à s'affronter et à s'apprivoiser pour nous livrer émotion, grâce et humour.
A noter aussi la participation d'Olivier Gourmet dans un second rôle plein de justesse et très nature.
Après Séraphine, le metteur en scène met en valeur d'autres personnages féminins dans une belle histoire d'amitié et de transmission, une fable humaniste d'aujourd'hui.

Sage femme
Sage femme
Sage femme

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Paris pieds nus

Voilà un film qui fait du bien, et on en a bien besoin actuellement...
Le couple Abel-Gordon nous avait déjà proposé des films de la même veine, Rumba et La fée.
Ce petit bijou de cinéma burlesque met en scène une bibliothécaire canadienne, Fiona, qui décide de rejoindre Paris, suite à l'appel désespéré de sa tante Martha, une ancienne danseuse, que l'on veut placer en maison de retraite. Mais les choses ne sont pas si simples pour Fiona qui, arrivée à Paris, trouve porte close et déambule dans les rues, perd bagages et papiers, se retrouve complètement démunie. Sur son chemin, elle rencontre Dom, un SDF qui vit sur les quais de la Seine, et profite grandement de cette aubaine...
Sous des apparences de légèreté, le scénario est extrêmement travaillé; ces deux comédiens puisent dans leur palette très large de clowns, de danseurs, pour nous offrir des personnages pleins de maladresses mais aussi de générosité. Il y a comme un clin d'oeil à notre époque dans ces deux êtres démunis qui ont en commun leur solitude. Et que dire de Martha, avec Emmanuelle Riva dans son dernier rôle, si ce n'est que le duo qu'elle interprète avec Pierre Richard est d'une grande émotion.
On rit, on est touché, on savoure la drôlerie et la poésie de ce film qui évoque ceux de Tati ou de Charlot. C'est une bouffée d'air pur et il ne faut pas le rater!

Paris pieds nus
Paris pieds nus
Paris pieds nus
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Chez nous

En cette période ô combien troublée et incertaine, un film comme celui-ci a vocation à éveiller les consciences de ceux qui risquent de se perdre. Inutile de nommer le parti politique concerné, le slogan « Chez nous » suffit. L’histoire, c’est celui d’une jeune infirmière recrutée par un médecin qu’elle connaît depuis longtemps, pour représenter le fameux parti lors des prochaines élections municipales. La jeune femme inspire confiance dans sa petite ville du Nord. Elle est mère de deux enfants qu'elle élève seule,solaire, dynamique, proche des gens : c’est la candidate idéale. D’abord réticente, elle finit par se laisser convaincre par les têtes du parti. Les réactions ne se font pas attendre : nombreux sont ceux qui refusent de se laisser soigner par elle, son père, communiste est anéanti par ce changement subit. Au même moment, elle tombe amoureuse de l’entraîneur de foot de ses enfants dont elle ignore le passé sulfureux au sein du parti et dont la réputation nuit pour faire campagne...
En démontant les stratagèmes utilisés par l’extrême droite pour faire passer des discours populistes permettant d’accéder au pouvoir, Lucas Belvaux propose une adaptation d’un roman de Jérôme Leroy, Le bloc , bien proche de la réalité, et portée par d’excellents acteurs, André Dussolier en médecin manipulateur, Emilie Dequenne en jeune femme sincère et troublée, Catherine Jacob en chef de parti tellement crédible…
Saluons les prestations de ces acteurs et l’initiative de Lucas Belvaux qui signe une œuvre utile , juste, efficace.

Chez nous
Chez nous
Chez nous

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Lumière! L'aventure commence

Thierry Frémaux a puisé dans les archives de ces géants du cinéma pour nous offrir un montage de 108 films restaurés, avec la musique de Saint-Saens en BO.
Ces témoignages sont précieux car ils nous apprennent que les frères Lumière ont tout inventé de la conception technique du cinéma ou de la photo : le cadrage, le travelling, le gros plan, la perspective ; de plus, ces documents historiques qui renseignent sur la vie de l'époque, le travail en usine, le développement des moyens de communication , la vie de famille, sont perçus avec un mélange d'émotion, de nostalgie, de drôlerie aussi car certaines scènes ont inspiré Charlot (l'arroseur arrosé). Et les premiers spectateurs de ces courts métrages ont eu leurs premières frayeurs en voyant arriver en perspective la locomotive qui semble traverser l'écran. Pour cette raison, les frères Lumière ont aussi été à l'origine des films d'horreur.
Une suite est prévue à cette première diffusion, ce qui nous garantit de regarder ces pellicules avec nos yeux d'enfant émerveillés!
Un bel hommage au cinéma!

Lumière! L'aventure commence
Lumière! L'aventure commence
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Loving

Ce film retrace l'histoire du couple Loving qui a changé l'histoire des Etats-Unis. Richard et Mildred se connaissent depuis l'enfance, vivent dans un petit village de Virginie, en pleine nature. Il est Blanc, elle est Noire. Tous deux s'aiment, décident de se marier en juin 1958 à Washington puisque l'état de Virginie ne reconnaît pas l'union des Blancs et des Noirs. Mais cette union est vite découverte par les autorités locales : le seul moyen pour eux de ne pas aller en prison est de partir pour 25 ans loin de la Virginie et d'y revenir séparément pendant cette période.
Ils s'installent donc dans la maison d'un cousin de Mildred à Washington, Richard fait toujours les trajets quotidiens pour exercer son travail de maçon, Mildred s'occupe de leurs trois enfants; mais en 1963, l'un des enfants est renversé par une voiture, ce qui déclenche la décision de Mildred de quitter cette grande ville où elle ne se sent pas bien pour revenir en Virginie. Elle écrit au sénateur Bob Kennedy pour obtenir son soutien; par son intermédiaire, un jeune avocat prend cette affaire à coeur et après quasiment 10 ans de lutte, les époux Loving obtiennent enfin la reconnaissance de leur union par le décret de la Cour Suprême du 2 juin 1967 :
« Le mariage est l’un des droits civiques fondamentaux de l’homme, fondamentaux pour notre existence et notre survie même. En vertu de notre Constitution, la liberté d’épouser ou de ne pas épouser une personne d’une autre race relève du choix individuel et ne peut donc être limitée par l’État."

Jeff Nichols a fait un choix judicieux en reprenant cet événement d'importance dans l'histoire des droits de l'homme aux Etats-Unis, d'autant que la situation actuelle peut faire douter que les choses soient acquises définitivement.
Avec une excellente distribution d'acteurs, il nous plonge sans pathos dans cette Amérique scindée en deux où la ténacité et l'humanité de certains a fini par inverser la donne, en combattant les pires des préjugés. Si la mise en scène reste classique,il faut noter la beauté des images,  la caméra mettant l'accent sur le jeu des acteurs, chacun parfait dans son rôle : lui, introverti, elle , déterminée. Actuellement, Richard et Mildred sont décédés tous deux , mais certains couples continuent à leur rendre hommage le 2 juin de chaque année, une initiative à saluer!
A voir sans hésiter!
 

Richard et Mildred (les vrais)

Richard et Mildred (les vrais)

Loving
Loving
Loving

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Mes photos, mes coups de coeur en littérature et au ciné, les auteurs et artistes que j'admire,mes productions personnelles et une pincée d'humour...

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