La princesse de Montpensier
La disparition de Bertrand Tavernier m'a donné envie de lui rendre hommage avec ce film de 2010 que j'avais bien aimé à sa sortie.
C'est l'adaptation d'une nouvelle de Mme de Lafayette, écrite 16 ans avant la Princesse de Clèves. Elle a pour cadre la France du 16ème siècle, sous le règne de Charles IX, pendant les guerres de religion. La situation est résumée dans la première phrase de la nouvelle : "Pendant que la guerre civile déchirait la France sous le règne de Charles IX, l'amour ne laissait pas de trouver sa place dans tant de désordres et d'en causer beaucoup dans son empire."
Le cinéaste a choisi de mettre l'accent sur la confusion des sentiments , tout en traitant l'aspect politique à travers les grandes familles rivales de l'époque : celle de Guise, proche des souverains d'Ecosse, celle des Montpensier, proche des Dauphins d'Auvergne et la famille de Valois, alors régnante.
Marie de Mézières est une très belle jeune fille, convoitée par 4 hommes : le Prince de Montpensier, à qui elle est mariée de force, le duc de Guise, sa passion secrète depuis l'enfance, le duc d'Anjou, futur roi de France, et son précepteur le comte de Chabannes, un ami de son mari.
Le contexte est violent à tous les niveaux : la guerre civile sanglante entre catholiques et protestants fait que l'on frappe aussi bien amis qu'ennemis, dans le plus grand désordre. Tuer une femme enceinte est considéré comme un péché mortel, raison pour laquelle le Comte de Chabannes qui ne se pardonne pas cet acte, se retire du combat et se consacre à l'éducation de Marie, dont il finit par tomber amoureux. Les 3 autres prétendants, beaucoup plus jeunes, n'hésitent pas à croiser le fer pour être au plus près de son coeur.
Bertrand Tavernier revisite la nouvelle en proposant une mise en scène moderne, dans laquelle les événements historiques sont esquissés de façon à mettre en valeur le magnifique personnage de Marie et le désir qu'elle suscite autour d'elle. Prise entre passion et devoir, puis déçue ensuite car elle perd tout, elle se "retire de l'amour comme François de Chabannes s'est retiré de la guerre", en conservant à jamais l'amitié et l'estime de ce personnage qui s'est sacrifié pour elle.
Mélanie Thierry incarne à merveille la fraîcheur, la sensualité et l'ambigüité de Marie, Raphaël Personnaz est un duc d'Anjou perspicace et vif, tout comme Gaspard Ulliel, le fougueux duc de Guise. Quant à Lambert Wilson, il est un comte de Chabannes plein de sagesse et de dévouement.
Ce film a obtenu à juste titre le César des meilleurs costumes en 2011; il est l'un des rares films historiques de ce réalisateur curieux, cultivé et attentif aux autres.
A voir ou revoir pour la reconstitution historique et le jeu des acteurs.
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