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Le blog de Ritournelle

Hokusai

Ritournelle
Hokusai

Le biopic de Hajime Hashimoto retrace la vie du plus célèbre peintre du Japon, Hokusai, (1760-1849), que l’on connaît en Occident surtout pour son tableau La grande vague de Kanagawa.
« Si le ciel m'avait accordé encore dix ans de vie, ou même cinq, j'aurais pu devenir un véritable peintre ». Ainsi s’exprime cet artiste très humble, qui depuis l’enfance n’a cessé de dessiner.
De l’atelier de gravure où l’on illustre des livres à celui où l’on apprend l’estampe pour faire le portrait de courtisanes, Hokusai n’a cessé d’être en recherche de son propre style en enchaînant plusieurs formations auprès de maîtres et en adoptant différents pseudos. Curieux et ouvert à l’influence de la Chine et de l’Occident, il connaît la célébrité en 1795 en illustrant un recueil de poèmes. Le paysage devient une source d’inspiration intarissable, dont témoignent les nombreuses estampes du Mont Fuji et de la vague Kanagawa, ses réalisations les plus abouties, représentatives du mouvement de l’ukiyo-e ( monde flottant).
Le réalisateur a choisi d’envisager
Hokusai comme un être normal, laborieux, mais certainement animé par l’esprit de compétition ; il a choisi de ne s’attarder que sur la jeunesse et la vieillesse du peintre. D’un côté, un jeune artiste rebelle face au conservatisme des autorités qui censurent l’art, de l’autre un homme insatisfait de son travail, toujours en quête d’évolution, de perfection.
La qualité première de ce film, hélas en version écourtée de 40 mn par rapport à la version japonaise, c’est la beauté de l’image
qui suit les gestes précis du pinceau, s’attarde sur les paysages somptueux du mont Fuji et de la plage où Hokusai vient souvent se poser ...
Peu de dialogues, les silences donnent de la force et de la poésie à ce biopic d’un artiste fougueux, peu conventionnel, qui a lutté toute sa vie pour sa liberté d'homme et de créateur.
Un film délicat et intense, qui dit la nécessité et le bonheur de peindre en dépit des contraintes, pour se sentir exister.

« Depuis l'âge de six ans, j'avais la manie de dessiner la forme des objets, Vers l'âge de cinquante ans, j'avais publié une infinité de dessins, mais tout ce que j'ai produit avant l'âge de soixante-dix ans ne vaut pas la peine d'être compté. C'est à l'âge de soixante-treize ans que j'ai compris à peu près la structure de la nature vraie, des animaux, des herbes, des arbres, des oiseaux, des poissons et insectes. Par conséquent, à l'âge de quatre-vingts ans, j'aurai encore fait plus de progrès. À quatre-vingt-dix ans, je pénétrerai le mystère des choses ; à cent ans je serai décidément parvenu à un degré de merveille, et quant j'aurai cent dix ans, chez moi, soit un point, soit une ligne, tout sera vivant. Je demande à ceux qui vivront autant que moi de voir si je tiens ma parole. Écrit à l'âge de soixante-quinze ans, par moi, autrefois Gwakiô Rôjin, le vieillard fou de dessin. »

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