Faust
Beau, étrange, déroutant...
Après Hitler, Lénine et Hiro-Hito, Alexandre Sokurov poursuit son analyse des personnages de pouvoir à travers Faust dont il fait une libre interprétation à partir de l'oeuvre de Goethe. Dans le
roman, Faust est un savant insatisfait qui signe un pacte avec le diable pour percer le mystère de l'âme humaine: celui-ci doit le servir et lui connaître les plaisirs terrestres, en échange
Faust lui remettra son âme dans l'autre monde. Ici, le pacte est différent ; il s'agit seulement d'une rencontre: le diable met sur le chemin de Faust une belle
lavandière, le but étant de la posséder...Pendant ce temps, L'assistant de Faust, Wagner, crée un homme artificiel...
C'est un film ambitieux qui mêle réflexions métaphysiques et préoccupations esthétiques. On se laisse porter par une mise en scène magistrale où le sordide et le beau se côtoient; les références
picturales sont nombreuses dans cette reconstitution de l'époque romantique où rien n'est laissé au hasard; on a quelquefois du mal à trouver un fil conducteur, mais si la compréhension n'est pas
toujours évidente, la beauté des images au service d'un style très original et l'interprétation remarquable des comédiens font que ce film mérite le Lion d'or de Venise.