tu commenças ta vie tout au bord d´un ruisseau tu vécus de ces bruits qui courent dans les roseaux qui montent des chemins que filtrent les taillis les ailes du moulin les cloches de midi soulignant d´un sourire la chanson d´un oiseau tu prenais des plaisirs à faire des ronds dans l´eau aujourd´hui tu ballottes dans des eaux moins tranquilles tu t´acharnes et tu flottes mais l´amour, où est-il?
Que faire lorsqu'on ne sait pas quoi faire? Et pourquoi pas ne rien faire? Prendre conscience de son souffle, de sa respiration, du poids de son corps étendu. Et laisser venir les pensées, accueillir l'ennui, l'idée de la mort peut-être, et toutes les questions qu'elle soulève. Se sentir vivant tout contre cette idée, grâce à elle, même. L'ennui est une puissance au sens d'Aristote : il rend possible autre chose que lui-même. Le surgissement d'un désir, une lucidité soudaine, l'émergence d'une décision...Mais il faut savoir endurer cet ennui, pour qu'il finisse par nous montrer ce dont il est capable....
Comme des objets frêles, Les vaisseaux blancs semblent posés Sur la mer éternelle. Le vent futile et pur n’est que baisers ; Et les écumes, Qui doucement échouent Contre les proues, Ne sont que plumes ; Il fait dimanche sur la mer ! Telles des dames Passent, au ciel ou vers les plages, Voilures et nuages : Il fait dimanche sur la mer ; Et l’on voit luire, au loin, des rames, Barres de prismes sur la mer... E.Verhaeren
90 secondes, c'est le temps qu'il a fallu à la Montagne Pelée pour détruire la ville de St Pierre, en Martinique, le 8 mai 1902, à 7h52 précises. Comment l'idée d'écrire ce roman est-elle venue à l'esprit de Daniel Picouly? Il a puisé dans les souvenirs familiaux, plus exactement dans ceux de son grand-père enfant, qui habitait Fort de France, et dont les bateaux était une vraie passion; il se faisait une fête d'aller voir accoster. le Belem ce le 8 mai 1902 à St Pierre ; la famille devait donc s'y rendre pour l'occasion; mais le capitaine refusa de jeter l'ancre à St Pierre et l'enfant, informé...
Sous l’eau du songe qui s’élève, Mon âme a peur, mon âme a peur ! Et la lune luit dans mon cœur, Plongé dans les sources du rêve. Sous l’ennui morne des roseaux, Seuls les reflets profonds des choses, Des lys, des palmes et des roses, Pleurent encore au fond des eaux. Les fleurs s’effeuillent une à une Sur le reflet du firmament, Pour descendre éternellement Dans l’eau du songe et dans la lune. Maurice Maeterlinck, Serres chaudes, 1889
Réduire la sensibilité à une faiblesse est une idée datée, qui ne peut s'entendre qu'au sein d'une vision rationaliste dépassée. En effet, pour les rationalistes, qui sont aussi dualistes, c'est par la raison que l'homme est capable de se comprendre et de comprendre le monde, de s'arracher aux mirages ou aux déformations de la sensibilité. "Philosopher, c'est apprendre à mourir", affirme Socrate : apprendre à mourir à son corps, à sa sensibilité, pour n'être plus qu'un pur esprit capable de contempler les idées éternelles. "Nos sens nous trompent" reprendra Descartes, comme en écho. Selon lui,...
Invitée par la librairie Hirigoyen de Bayonne, l'écrivaine vénitienne vivant dans le Lubéron est venue présenter son dernier ouvrage, Elsa mon amour, évoquant la grande Elsa Morante, immense figure de la littérature italienne, pas suffisamment célébrée aujourd'hui. Biographie, roman, ce livre d'un genre atypique est à la fois les deux ; j'y viendrai dans quelque temps sur ce blog. La rencontre avec Simonetta a été d'un grand intérêt ; cette femme pétillante accorde aux mots une place majeure, mais elle n'oublie pas que l'essentiel, c'est la vie ; sa vitalité, sa gaieté, son enthousiasme le confirment....