Un p'tit coin de paradis
Un titre poétique pour évoquer l'innommable de la 2ème guerre mondiale; dans ce livre, Marc Dugain met l'accent sur les débuts de l'horreur nazie qui a consisté à éliminer les malades mentaux avant même les juifs et autres minorités gênantes. Il choisit un lieu de la campagne allemande où vit Maria adolescente de 15 ans, seule avec ses chevaux; son père est parti sur le front russe, sa mère est en maison de repos, mais elle ne la voit guère. On est en 1945, l'Allemagne a perdu la guerre et l'armée française occupe le territoire. La ferme isolée va être pillée sur ordre des nazis, Maria évitera...
Heureux chocolat, qui après avoir couru le monde, à travers le sourire des femmes, trouve la mort dans un baiser savoureux et fondant dans leur bouche A. Brillat-Savarin
Olivier Adam est l'auteur de la mélancolie, de l'absence, du deuil, du lien familial ; ici son personnage principal , Sarah, qui ne se reconnaît plus dans la vie qu'elle mène, sombre dans la dépression à la mort de son frère qu'elle a profondément aimé ; une fin tragique dans un accident que l'on pourrait interpréter comme un suicide car Nathan a toujours été un être fragile, traînant avec lui un mal-être que les moments de complicité avec ses proches ne suffisaient pas à effacer; en perpétuelle demande affective, inadapté dans la société, il avait quitté la vie professionnelle pour se consacrer...
Et bien sûr, on le retrouve aussi dans la croix basque....
Mais oui, il y a bien un monsieur caché dans l'habitacle de cette superbe auto à pédales!
Le dernier Nothomb a pour thème un échange épistolaire entre l'auteur et un GI basé à Bagdad. A priori, l'idée peut surprendre, mais elle est née lors d'un récent voyage d'Amélie aux Etats-Unis où elle a remarqué que beaucoup de soldats revenus d'Irak étaient obèses. Quand on sait que la boulimie est un thème récurrent dans ses livres et qu'elle répond encore personnellemnt à son courrier, il n'y a là plus rien d'étonnant... Pour supporter les horreurs de la guerre, la nourriture devient le recours de celui qui s'est enrôlé dans l'armée par nécessité; c'est aussi une façon de dénoncer cette absurdité...
J'ai tendu des cordes de clocher à clocher, des guirlandes de fenêtre à fenêtre, des chaînes d'or d'étoile à étoile et je danse. Arthur Rimbaud