Le navire mystique Il sera perdu le navire archaïque Aux mers où baigneront mes rêves éperdus; Et ses immenses mâts se seront confondus Dans les brouillards d'un ciel de bible et de cantiques. Un air jouera, mais non d'antique bucolique, Mystérieusement parmi les arbres nus; Et le navire saint n'aura jamais vendu La très rare denrée aux pays exotiques. Il ne sait pas les feux des havres de la terre. Il ne connaît que Dieu, et sans fin, solitaire Il sépare les flots glorieux de l'infini. Le bout de son beaupré plonge dans le mystère. Aux pointes de ses mâts tremble toutes les nuits L'argent mystique...
Silvio Soldini traite souvent dans ses films de l'amour et du couple; ici il s'agit d'adultère. Anna est comptable dans une entreprise milanaise; elle mène une vie tranquille auprès de son compagnon Alessio, de sa famille et de ses amis; un jour au travail, elle croise Domenico qui travaille chez un traiteur; il est marié et père de deux enfants. Le désir naît aussitôt entre eux, à leur insu, et bouleverse leur quotidien. La nécessité de se voir l'emporte sur le sentiment de culpabilité; les conditions de leurs rencontres impliquent pourtant un sacrifice commun lié à leurs disponibiltés respectives...
...Une ville est une énigme leurrée par les miroirs Des jardins de papier et des sources d'eau sans âme Seules les femmes romantiques le savent Elles s'habillent de lumière et de songe... Tahar Ben Jelloun
Ceux qui ont vu le superbe film de Martin Provost trouveront dans cette excellente biographie d'Alain Vircondelet un complément très intéressant . En effet, l'auteur avait déjà fait paraître un ouvrage sur Séraphine dans les années 80 mais le film et l'exposition qui lui ont été consacrés l'ont incité à publier une approche plus exhaustive que la précédente. Grâce aux témoignages que lui ont apporté ceux qui l'ont connue (maintenant décédés), il a pu retracer pas à pas le parcours de cette personnalité intense qui a exprimé par la peinture toutes les frustrations liées à sa condition sociale et...
"Fatalité, enfer et paradis, Je les cherchais par-delà les étoiles, Quand la Petite Voix me dit: "Ami, En toi sont destin, enfer, paradis." Omar Khayyam- Robaïyat
Dix-neuf heures ...On ne cherche plus, on est là, on écoute le vent, son bruit de mer dans les feuilles ou dans l'enfance. Le corps va rentrer dans la douceur de ce qui trouve un nom. Entre le jour, son envers il y a comme une fissure, aux vitres comme des flammes qui ne brûlent plus. Les mains reviennent vers les objets, les visages vers leur image. Le souffle de l'éphémère à sept heures tisse les ombres, les détisse. Un peu de cendre se mêle au bleu, au présent un peu d'oubli. Le soir ressemble à de l'eau: on l'attend, on ne le voit pas... Jacques Ancet - Vingt-quatre heures l'été
Peter et Dawn mènent une existence paisible auprès de leurs quatre enfants dans la campagne australienne; alors qu'il rentre chez lui avec sa fille Simone, Peter est victime d'un arrêt cardiaque ; sa voiture termine sa course sur le gigantesque figuier près de la maison... Comment les membres de la famille vont-ils faire face à cette mort brutale? C'est tout le sujet du film que Julie Bertuccelli traite avec beaucoup de sensibilité : l'arbre devient alors l'image vivante du disparu auquel l'épouse et la fille se confient tour à tour, chacune avec sa douleur, sa détresse devant cette absence qu'elles...
Je te l'ai dit pour les nuages Je te l'ai dit pour les nuages Je te l'ai dit pour l'arbre de la mer Pour chaque vague pour les oiseaux dans les feuilles Pour les cailloux du bruit Pour les mains familières Pour l'oeil qui devient visage ou paysage Et le sommeil lui rend le ciel de sa couleur Pour toute la nuit bue Pour la grille des routes Pour la fenêtre ouverte pour un front découvert Je te l'ai dit pour tes pensées pour tes paroles Toute caresse toute confiance se survivent. Paul Eluard