...Tes pieds exquis trempés aux vagues peu profondes, Telle qu'une princesse en habits d'Orient, Tu te penches, et l'eau reflète, en souriant Le rythme de ton corps et tes parures vaines. Des canaux délicats et minces sont tes veines; Ainsi qu'aux êtres fins le silence t'est cher. Les marbres éclatants et roses sont ta chair, Si pure qu'on dirait que les brises sonores Y font courir le sang des vivantes aurores. Tes yeux sont le rayon divin du ciel léger, Et ton sourire fait le jour, sans y songer. Ainsi mon rêve épris n'a pas pu se défendre De t'aimer d'un amour mélancolique et tendre, Comme on...
La pitié dangereuse est l’unique roman écrit par Stefan Zweig en 1913, avant la grande guerre. A cette époque, l’écrivain correspond avec Sigmunf Freud, admire ce que le médecin réussit à percer de l’âme humaine. Cette faculté se retrouve dans cette histoire qui analyse finement le comportement des personnages. Anton Hofmiller est un jeune officier issu d’une famille modeste, en garnison dans une petite ville autrichienne ; il est invité au bal organisé par le comte de Kekesfalva dans sa riche demeure. Tout de suite attiré par Ilona, une jeune fille élégante et vive, la nièce du comte, déjà repérée...
Ce havre de paix, anciennement appelé "spina lunga", (longue arête) en raison de sa forme, était il y a longtemps rattaché au quartier du Dorsoduro. Composé de 8 petits îlots séparés par des canaux, son nom est vraisemblablement tiré du mot zudega, signifiant jugés , en référence aux aristocrates dissidents , qui y étaient exilés au temps de la République de Venise , au 9ème siècle. Depuis les quais, on a la plus belle vue sur la place St Marc et le Dorsoduro. C'est un quartier populaire, prisé par les étudiants, mais qui a attiré de tout temps les célébrités étrangères : le paysagiste anglais...
"Le jour où je vais disparaître, j'aurai été poli avec la vie car je l'aurai aimée et beaucoup respectée. Je n'ai jamais considéré comme chose négligeable l'odeur des lilas, le bruit du vent dans les feuilles, le bruit du ressac sur le sable lorsque la mer est calme, le clapotis. Tous ces moments que nous donne la nature, je les ai aimés, chéris, choyés. Je suis poli, voilà. Ils font partie de mes promenades et de mes étonnements heureux sans cesse renouvelés. Le passé, c'est bien, mais l'exaltation du présent, c'est une façon de se tenir, un devoir. Dans notre civilisation, on maltraite le présent,...
Venise - le Carnaval : Ils l'ont célébré malgré tout jusqu'à la fin
De dimanche 23, jour où les festivités ont été interrompues pour cause de risque d'épidémie, à mardi 25, qui devait voir la clôture du Carnaval, certains ont tenu à en profiter jusqu'au bout pour s'inventer une autre identité, une fois dans l'année.
Dans la collection Folio à 2 €, on trouve des pépites, dont ce livre fait partie. Il me permet de découvrir cet auteur japonais, spécialiste de littérature française en Asie, qui écrit directement en français, cette langue qui symbolise à son avis l'errance, d'une certaine façon. Car le mot errance signifie pour lui l'éloignement de ce qui constitue notre identité : un pays, une culture, un milieu familial. Les origines de ce désir d'errance remontent à l'enfance où Akira Misuyabashi a connu à plusieurs reprises à l'école un sentiment d'exclusion de la part de ses camarades, et l'on sait que se...
Pour son premier long-métrage, la réalisatrice franco-tunisienne Manele Labidi aborde , par le biais de la comédie, la situation cahotique de la société tunisienne qui se cherche, après des années de dictature suivies du printemps arabe : "La révolution a rendu le pays tout d’un coup « bavard » après des décennies de dictature et c’est cette effusion de parole intime et collective que j’avais envie de traiter. J’ai aussi compris que la révolution avait eu impact sur le psychisme de la population : la chute brutale de la dictature avait plongé le pays dans un chaos et une incertitude provoquant...
Le soleil faisait craquer les derniers et tardifs bourgeons des chênes sous la pression chaude de ses rayons. Les verdures se nuançaient à l'infini. C'était une symphonie de couleurs allant du cri violent des verts aux pâleurs mièvres des rameaux inférieurs, dont les feuilles tendres, aux épidermes délicats et ténus n'avaient pas encore reçu le baptême ardent de la pleine lumière, bu la lampée d'or des rayons chauds, car leur oblique courant n'avait pu combler jusqu'alors que les lisières privilégiées et les faîtes victorieux. Mais ce jour-là, une vie multiple et grouillante, végétale et animale,...