Il ne voyait rien, il ne cherchait rien, Il se contentait d’avoir un grand chien. Á qui il parlait, à qui il riait Comme à un ami qui lui ressemblait. Á deux, ils formaient surement quelqu’un, Quelqu’un de très bon, quelqu’un de très bien. Traversant la vie sans souci aucun, Simplement content d’être très content, De ne désirer rien d’autre vraiment Que d’être ici-bas un homme et un chien. Maurice Carême - L'homme et le chien
Ce livre fait suite aux Villes de papier (prix Renaudot essai 2020) dans lequel l’écrivaine aborde les dernières années de la poétesse américaine Emily Dickinson (voir article sur ce blog : http://ritournelle.over-blog.com/2021/01/les-villes-de-papier-une-vie-d-emily-dickinson-dominique-fortier.html). Fascinée par ce personnage, elle a ressenti très vite le besoin d’envisager ce qu’il était advenu des écrits d’Emily. «À sa mort, son œuvre a pris naissance. C’est un moment de bascule. Il restait toute cette histoire à raconter: celle de la naissance, de la venue au monde de ses poèmes qui avaient...
Nous partageons tous une affection intime pour notre espèce dans sa vulnérabilité comme dans ses succès. Pourtant l'indifférence, la xénophobie, le mépris social peuvent aussi être mis en avant pour soutenir que l'amour de l'humanité relève davantage de la fiction que de la réalité, que nos élans spontanés sont plus marqués par le désir de se protéger des autres plutôt que d'entrer en sympathie avec eux. Est-ce à dire que la philanthropie doit s'apprendre? Dépend-elle de la culture dans laquelle nous avons été élevés? Mais si chaque culture est particulière, comment expliquer que certains événements...
Les adeptes du cinéma iranien apprécieront ce film de Hadi Mohaghegh qui se déroule dans un lieu isolé où les rares habitants vivent dans des conditions très précaires. Dans l'une de ces fermes, un homme handicapé vit là avec son fils alité et doit subvenir à leurs besoins comme il peut. Il récolte les herbes de la montagne qu'il vend à usage médicinal. Un jour, le transformateur fournissant l'électricité à la maison tombe en panne. S'en suit une suite de démarches pour parvenir à avertir le service correspondant , et une fois contacté, l'électricien en charge de la réparation (interprété par le...
Premier roman de la jeune écrivaine Beatrice Salvioni, La malnata nous plonge en Lombardie, au coeur de l’Italie fasciste de Mussolini, avec pour héroïnes deux adolescentes que leur milieu social oppose. L’une , Maddalena, que l’on appelle par son surnom, la Malnata, (La malnée) est issue d’un milieu populaire. Agée de 12 ans, elle est souvent sur les rives du Lambro, toujours suivie de ses fidèles copains, Filippo, fils d’un fasciste et Matteo, fils d’un communiste. On dit d’elle qu’elle porte malheur. Accusée de tous les catastrophes du monde depuis que son petit frère est mort en voulant faire...
Des ciels gris de cristal. Un bizarre dessin de ponts, ceux-ci droits, ceux-là bombés, d'autres descendant ou obliquant en angles sur les premiers, et ces figures se renouvelant dans les autres circuits éclairés du canal, mais tous tellement longs et légers que les rives, chargées de dômes, s'abaissent et s'amoindrissent. Quelques-uns de ces ponts sont encore chargés de masures. D'autres soutiennent des mâts, des signaux, de frêles parapets. Des accords mineurs se croisent et filent, des cordes montent des berges. On distingue une veste rouge, peut-être d'autres costumes et des instruments de musique....
Maryam Touzani a rencontré il y a quelque temps un homme dans la médina de Salé, ville marocaine non loin de Rabat, qui a inspiré ce film. La réalisatrice a senti que ce coiffeur pour dames gardait un mystère au fond de lui , l'empêchant d'être vraiment lui-même aux yeux de la société. Ainsi est né le scénario du "bleu du Caftan", l'histoire de Halim, tailleur renommé dans la confection de caftans qu'il coud à la main, selon les méthodes traditionnelles. Sa femme Mina tient la boutique. Tous deux sont mariés depuis longtemps, entretiennent un lien de tendresse, dénué de sensualité, car Halim va...
Il y a des personnages méconnus qui ont joué un rôle majeur dans l’histoire de l’art : Gabriële Buffet-Picabia est de ceux-là. Ce sont ses deux arrière-petites-filles , Anne et Claire Berest, qui ont mené l’enquête à travers ce livre, pour remonter aux origines de leur famille, afin d’apporter un éclairage sur cette aïeule qu’elle n’ont pas connue et par là-même, de se découvrir elles-mêmes. Une sorte de partition écrite à quatre mains. C’est d’ailleurs la musique qui passionne Gabriële durant sa jeunesse. Elle veut devenir compositrice, n’hésite pas à braver les interdits de l’époque pour entamer...
Le biopic de Hajime Hashimoto retrace la vie du plus célèbre peintre du Japon, Hokusai, (1760-1849), que l’on connaît en Occident surtout pour son tableau La grande vague de Kanagawa. « Si le ciel m'avait accordé encore dix ans de vie, ou même cinq, j'aurais pu devenir un véritable peintre ». Ainsi s’exprime cet artiste très humble, qui depuis l’enfance n’a cessé de dessiner. De l’atelier de gravure où l’on illustre des livres à celui où l’on apprend l’estampe pour faire le portrait de courtisanes, Hokusai n’a cessé d’être en recherche de son propre style en enchaînant plusieurs formations auprès...
Le philosophe et linguiste Noam Chomsky dénonce « la fausse promesse » de l’intelligence artificielle qu’il accuse de diffuser un usage dévoyé du langage et de la pensée susceptible de faire le lit de ce que Hannah Arendt appelait la « banalité du mal. » L’arrivée du logiciel de conversation généré par l'intelligence artificielle Chat GPT a créé l’événement. Pour la première fois peut-être, les usagers peuvent se saisir d’un outil de l’IA et l’utiliser dans leur quotidien, en lui soumettant des requêtes professionnelles ou en engageant avec lui de véritables conversations. Noam Chomsky soutient...