Olivia
Ce film de 1951 tourné en noir et blanc par Jacqueline Audry, est disponible sur arte.tv jusqu'au 7 juillet.
Adapté d'un roman de l'anglaise Dorothy Bussy, il a fait scandale à l'époque car la seule femme réalisatrice de longs métrages après la seconde guerre mondiale a osé aborder avec pourtant beaucoup de délicatesse, le désir féminin à l'écran. Les critiques de cette France des années 50 se sont déchaînés , certains , moralisateurs, l'ont accablée , d'autres ont reconnu son talent, à juste titre.
Dans un pensionnat pour jeunes filles de familles aisées, que Mademoiselle Julie dirige avec son associée Cara, une femme dépressive et maladive, arrive la douce Olivia, âgée de 16 ans. Elle s'intègre assez vite dans ce nouvel univers où les cours ont lieu autour d'une table ronde, près de l'enseignante, les repas sont délicieux et les chambres superbement décorées. Olivia est vite subjuguée par Mademoiselle Julie , elle lui voue une admiration sans bornes , ce qui déclenche la jalousie de Cara, entretenue par la professeure d'allemand qui rêve de défaire leur couple.
Dans cet univers exclusivement féminin règnent la douceur, la gaieté et la culture, mais aussi les passions et pulsions réfrénées. Mademoiselle Julie sait jouer avec les sentiments qu'elle suscite , mais le jeu s'avère dangereux...
Avec une mise en scène très soignée qui met en valeur l'espace et souligne la beauté du décor, Jacqueline Audry a su donner une touche d'authenticité par le choix des actrices, différentes par leur physique et leur personnalité. Et que dire de la magnifique Edwige Feuillère qui trouve en Mademoiselle Julie un rôle à sa hauteur d'immense comédienne, tout en nuance et en sensualité suggérée par des gestes, des regards.
Il était temps de réhabiliter ce film oublié d'une réalisatrice talentueuse et courageuse
« La tirade finale de Mademoiselle Julie évoquant ses luttes, sa fierté, ses victoires, mais aussi sa grande lassitude, se retrouvera plus tard dans la bouche d'Audry rappelant ses batailles et l'énergie dont elle a dû faire preuve dans sa carrière et dont elle se demandait à la fin de sa vie comment elle n'avait pas abandonné »
Brigitte Rollet
A voir pour la mise en scène et la prestation admirable d'Edwige Feuillère!





