C’était une froide journée du mois d’octobre

Où rien ne faisait défaut, ni n’était superflu

La terre expirait, au dessus d’arêtes feuillues

- Dont la ramure éclatait en peintures sobres -

Son souffle tiède ; collant de la buée au ciel.

Rêveur… je fus tenté d’y porter mon index

Pour y croquer la bouille à Toto – Deus ex

Fantoche – parmi d’autres graffitis essentiels :

Tes initiales majuscules auprès des miennes

Habitant un cœur vrillé qui bave sur les bords

Un soleil d’opale et ses ellipses dont l’essor

Mène sa fuite en équations non cartésiennes.

C’était octobre, lorsque naissent les ancêtres

Il faisait froid, et pourtant, j’étais en enfance

- La mémoire de soi quelquefois se condense

En fines langues de brumes râpant un tertre

Comblant, ici ou là, telle ravine ; engouffrant

Petit à petit, les plus grands mâts de la forêt

Pour ne renvoyer qu’un paysage d’à-peu-près

Où prospèrent les délires espiègles d’antan -


par Louis Lazare


Ainsi qu’un fantôme d’agrume

Le soleil matineux flambait

A travers le voile des brumes

Ainsi qu’un fantôme d’agrume

Sur le bassin, bec carmin, plumes

Blanches, un cygne seul flottait

Ainsi qu’un fantôme d’agrume

Le soleil matineux flambait

 

Aux premières heures du jour

Sous un vieil oranger en fleurs

Habitant le parc Pompadour

Aux premières heures du jour

Le vent glacé comme un amour

Se faufilait contre mon cœur

Aux premières heures du jour

Sous un vieil oranger en fleurs

 

Et sous le pli de mon veston

A frémit ce qui fonde l’homme

La trotteuse faisait des bonds

Et sous le pli de mon veston

Ce cœur dans un voile en coton

Blanc, battait ainsi qu’un fantôme

Et sous le pli de mon veston

A frémit ce qui fonde l’homme




par Louis Lazare

Le soleil est la vie
C’est un bon début
Mais alors
La terre est la mort
Qui l’eu cru ?

 
Le soleil mord
Puis, de mal en pis
Dévore à vue
L’autrui, le malotru
Mal poli

Le soleil irradie
Les individus
Blancs, anaérobies
Qui vont dehors
Arpenter les rues

Le soleil assidu
Essuie les gens assis
En dessous lui
Qui souvent suent
Par dessus pores

Le soleil s’il sort
Sûrement en catimini
Et à notre insu
Sonne sans retenue
A chaque midi

Le soleil travesti
Mais confondu
En essore encore
Quand pour l’ingénu
La lune a jaunie

Le soleil est la vie
Le souffle au corps
Quoi de plus ?
La terre est la nuit
Qui nous tue

 


par Louis Lazare

L’amour et la mort

Sont un frère

Et sa sœur

Qui tapent bien fort

Sur les nerfs

Sur le cœur

 

L’enfer puis la vie

Tels à oncques

Synonymes

Font ce qu’on se dit :

A quoi donc

Cela rime ?

 

Toi et ma personne

Ne sont pas

Deux égaux

Au pas qui résonnent

Dans les pas

De l’écho


par Louis Lazare

...

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Poésies

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