C’était une froide journée du mois d’octobre
Où rien ne faisait défaut, ni n’était superflu
La terre expirait, au dessus d’arêtes feuillues
- Dont la ramure éclatait en peintures sobres -
Son souffle tiède ; collant de la buée au ciel.
Rêveur… je fus tenté d’y porter mon index
Pour y croquer la bouille à Toto – Deus ex
Fantoche – parmi d’autres graffitis essentiels :
Tes initiales majuscules auprès des miennes
Habitant un cœur vrillé qui bave sur les bords
Un soleil d’opale et ses ellipses dont l’essor
Mène sa fuite en équations non cartésiennes.
C’était octobre, lorsque naissent les ancêtres
Il faisait froid, et pourtant, j’étais en enfance
- La mémoire de soi quelquefois se condense
En fines langues de brumes râpant un tertre
Comblant, ici ou là, telle ravine ; engouffrant
Petit à petit, les plus grands mâts de la forêt
Pour ne renvoyer qu’un paysage d’à-peu-près
Où prospèrent les délires espiègles d’antan -
par Louis Lazare

